Parce qu'être sériephile n'est pas une maladie, il faut en parler. >Critiques séries mais aussi cinéma. Musique, actualité... Stay tuned on Street smart with heart ! Je vous attends pour me contredire...ou pas !
J'avais promis de parler des Petits mouchoirs, l'automne arrive alors je me lance ! Une version plus aboutie, mieux construite apparaîtra sur Pour1Ecran. (un jour...!)
Je me suis enfin décidée à faire la critique du film, et je peux déjà vous dire qu'il m'a rendue perplexe. Il aura fallu attendre plusieurs mois après sa sortie ciné pour que je le revois et organise mes idées autour de lui. Mes premières impressions sont désormais lointaines, tout comme les critiques que j'ai lues, dans un sens je me sens libérée. Je m'explique : certains artifices peuvent facilement avoir le spectateur, par exemple une chanson triste, de bons acteurs... et le cinéaste joue avec nos sentiments, on trouve ça tantôt émouvant tantôt drôle mais cela ne signifie pas que c'est un bon film. Plusieurs mois plus tard il ne reste plus grand chose de ces éphémères éclats, de rire ou de larmes. Quant aux critiques, elles nous influencent facilement, si elles sont bien argumentées on se laisse convaincre sans forger ses propres opinions. Mais aujourd'hui : here I am !
(il est évident qu'on ne se pose pas tant de questions pour des coups de cœur, des chef d'œuvres)
(affiche simple mais réussie, une bande de potes, ils sont ensemble mais désunis, chacun étant lui-même morcelé)
Je ne suis pas trop fan du cinéma français, il ne correspond pas à mon univers, ma façon de voir le monde mais avec Guillaume Cannet, cela change un peu. Car il incarne le cinéma du nouvelle génération. Bien sûr, pour les grincheux ça ne représente pas la société française mais ce serait prétentieux de vouloir le faire. C'est un film personnel, il parle de l'univers qu'il connaît, notamment des parisiens en vacances. Les acteurs sont bons (ça sonne plutôt juste) mais si je ne devais en citer qu'un ce serait Benoît Magimel, c'est lui qui m'a le plus touchée. C'est un film sincère qui répond à un gros manque. Une belle bande-son (et je suis contente de voir que des groupes américains bien sympathiques sont enfin pris en compte en France), certains disent que c'est un film un peu moralisateur sur les bords, je ne suis pas d'accord parce qu'il ne donne pas de réponses, c'est une tranche de vie. On ne connaît ni le passé ni le futur des personnages. Bref j'ai eu un doute au début du film (peut-être est-il surestimé, ce n'est que l'histoire d'un bande de potes hypocrites) mais peu à peu je me suis laissée prendre par l'histoire, je me suis attachée aux personnages, à ces bobos parisiens et j'ai compris que le film portait bien son titre. Un sujet qui m'a toujours tenu à cœur, Les Petits mouchoirs...(ceux qu'on pose en écran entre nous et les autres, ceux qui font croire que tout va bien quand ce n'est pas le cas)
Bref, merci à Guillaume Canet d'avoir porté cette réflexion au cinéma Cela laisse espérer un avenir positif pour la génération future, si elle n'est pas bridée, ni trop prétentieuse ou enfermée sur elle-même.
L'hypocrisie qui apparaît n'est que réalisme par rapport à la société dans laquelle on vit. Oui, notre petit monde est hypocrite, Guillaume Cannet le critique trop légèrement pour certains, c'est qu'il porte sur ses personnages un regard tendre. Il nous le transmet (ce qui me réconcilierait presque avec ...) il ne peut pas les critiquer ouvertement puisqu' il en est lui-même issu. C'est le nœud du film, ce qui le rend complexe. Le film n'est donc pas du tout moralisateur, il n'apporte pas de réponses, seulement des questions.
Marion Cotillard éclipse un peu les autres actrices mais l'on ressent le désarroi de la femme de Vincent, un des personnages finalement les plus discrets et sympathiques (une belle réaction après la découverte des problèmes existentiels de son mari) surtout quand elle court, j'adore ce passage. Chacun court, seul face à lui-même et ses problèmes. Le copain, prof de sport apporte de la légèreté, on peut probablement le retrouver dans notre propre réalité. Les éléments sont bien issus de la réalité. On ne l'aime pas, peut-être mais c'est la notre. Ainsi dire que cette bande est pitoyable et hypocrite pour critiquer le film n'est pas subtile. Parce que c'est vrai, parce que c'est justement le thème du film.
On découvre même (bin non...je ne connaissais pas vraiment avant de voir le film) Yodelice, encore un pote à Cannet me direz-vous. C'est normal c'est un film personnel ! Moi j'apprécie, il faut bien que le cinéma français s'engage vers une nouvelle voie, je préfère ce visage là que l'autre. Evidemment on peut faire un bond de 30 ans en arrière et se rappeler de bons films mais ça fait loin... (en fait je n'étais même pas née alors ça explique le manque chez ma génération. Même si on connaît des classiques on a besoin de se projeter, d'attendre une nouveauté, d'être ému par elle. Et on se dira dans 20 ans ah oui je me souviens de cette année-là... Bref, je m'égare encore.)
* (je l'écoute en ce moment et mince, elle est sacrément bien choisie) américaine, des groupes qu'on connaît hélas peu en France, merci Guillaume Cannet. Band of horses (la chanson de ma terminale, Jet Are you gonna be my girl celle de ma troisième) et quand on me demandait ce que j'écoutais on me regardait avec des yeux ronds. es collégiens d'aujourd'hui ne sont pas différents, à part David Guetta, le rap, le haren'b de bas étage et Renée la taupe ils ne connaissent rien...
Bref, pas un chef-d'oeuvre, pas très subtile mais un très bon pas pour le cinéma français.