Parce qu'être sériephile n'est pas une maladie, il faut en parler. >Critiques séries mais aussi cinéma. Musique, actualité... Stay tuned on Street smart with heart ! Je vous attends pour me contredire...ou pas !
Cette série est totalement hors-norme, les scénaristes réactualisent le conte et nous proposent un univers étonnant. En effet il ne s'agit plus de produire du vraisemblable mais bien une narration fantaisiste, ce qui paraît également à travers la réalisation, on pourrait voir apparaître à tout moment la maison de pain d'épice d'Hansel et Gretel, les décors sont surréalistes, les personnages sont caricaturaux et tellement touchants. Mais la première fois que je l'ai vu, je n'ai pas accroché, je ne pouvais pas car c'était trop inhabituel, trop coloré et décalé. Mais lorsque les épisodes ont été diffusés j'ai pensé, tiens voici c'est cette drôle de série sur NRJ 12...et au fil des semaines je me suis attachée aux personnages, à leurs histoires.
Chuck et Ned, c'est vraiment surprenant, ça ne se fait plus à la télévision, une relation amoureuse aussi pure et enfantine qui reste dans le cercle protecteur de l'idéal.
Les personnages sont honnêtes, innocents, ils ont gardé leur âme d'enfance. Cette fraîcheur, cette spontanéité est agréable, à contre-courant des autres productions. Les bonbons, les pâtisseries, les couleurs, cette drôle d'idée de pouvoir réveiller un mort en le touchant, ça ne vous rappelle pas la vision que vous aviez du monde étant enfant ? Le détective plus cartésien pourrait ramener à la réalité mais il n'est au final pas si différent des autres.
La tarte est omniprésente, ce symbole est fort et je pense que sa place centrale dans la vie de nos héros n'est pas un hasard. Elle devient en quelque sorte l'emblème de l'enfance, le moyen de lutter contre le monde adulte. Comme le narrateur le suggère souvent, Ned est serein quand il cuisine, il se sent en sécurité avec ses tartes. Or les figures parentales sont peu présentes dans la série, d'ailleurs les tantes de Chuck sont un peu inquiétantes et elles ne connaissent pas le secret de Ned, elles ne peuvent faire partie de sa vie alors cette tarte c'est un peu un substitut maternel. Quand un personnage pleure on lui propose de la tarte, un usage presque cathartique ! Si on voulait délirer encore à propos de cette merveilleuse tarte, on remarquait la proximité en anglais entre die et pie, la spécialité du pâtissier. Un vivant a besoin de manger, ainsi la tarte permettrait de lutter contre la mort, d'affirmer la vie. Et c'est ce que fait cette série, il ne s'agit pas véritablement de la mort mais plutôt de comment vivre avec elle. Chuck et Ned la connaissent bien, si bien qu'ils ne peuvent avoir une vie normale et malgré tout ils vivent, ils chantent et sont heureux, entiers.
"La mort, c'est mon parfum"
La série est hélas trop courte, ce ton drôle et décalé construit autour de la mort ne semble pas convenir aux audiences puisque Dead like me a elle aussi été annulée après deux saisons. Les accidents ou les meurtres tou plus farfelues les uns que les autres m'ont immédiatement fait penser à celles de Georgia et des autres...
Je terminerai par une petite citation de Gaston Bachelard : "Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton."