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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 18:16

Adolescente, je découvrais de mes yeux naïfs, injustices et brutalités du monde extérieur. Finie la bulle cotonneuse dans laquelle j'avais grandi. Dans le refus, je me repliais sur moi-même en cessant d’écouter quand on me conseillait un psychologue, quand on me disait qu’il fallait s’endurcir dans la vie, que le collège nous formait pour l'avenir. Parfois, quand je prenais la parole à ce sujet auprès de mes parents, je déclarais simplement que ce n’était pas normal qu’on me demande à moi de changer ou de m’adapter, quand, c’était les autres qui ne tournaient pas rond. Pourquoi en effet quand le quotidien que j'observais ne dictait que jalousies, violences et injustices, du côté des élèves mais aussi de celui des professeurs ?

Et puis finalement, j’avais une vie normale, un cadre familial stable et mon collège publique avait bonne réputation. De quoi me plaignais-je ? De quel droit avais-je la nausée à l’idée de partir en voyage scolaire quand des dizaines d’enfant en auraient rêvé, savourant cette chance ? Pourtant chaque jour, on me rappelait ma différence et chaque jour, si je l'assumais, je la sentais, cuisante, au contact des autres.

On ne me connaissait peut-être pas mais globalement, on m’aimait bien, toute intello que j’étais. Avant le collège, mes parents m’avaient avertie des dangers du racket mais je n’y avais jamais été confrontée. Non, j’étais dans un collège tranquille, consciente de ma chance. Et pourtant le mutisme qui se déploie chaque jour un peu plus, et pourtant la boule au ventre chaque matin, et pourtant les sentiments qui se nivellent. Mes parents ne l’ont jamais su mais chaque soir, j’ai pleuré pendant deux ans. Chaque soir sans exception. Ils m’ont surprise une fois ou deux en sanglots mais quand ils commençaient à s’inquiéter dangereusement, je les rassurais. Tout était dû à une fatigue passagère, rien d’autre. Ça irait. Après deux ans, j’ai su faire taire tout sentiment en moi ; ainsi ils ne pouvaient plus discerner ni joie, ni tristesse. J’étais éteinte.

Beaucoup de textes circulent en ce moment sur le harcèlement scolaire. Je n’estime pas en avoir souffert mais des souvenirs reviennent. Jeune fille sensible dont les livres étaient les meilleurs amis, je pouvais garder chaque anecdote longtemps enfouie en moi, ressentant fortement chaque interaction avec autrui, bonne ou mauvaise. A 2 ans, ce n’était pas normal que deux petites filles de 6 ans me prennent pour cible et chaque matin me traînent vers elle, pour me gifler inlassablement jusqu’à ce que la sonnerie marque la fin de la récréation et de mon état d'objet. Des années après, cela fait sourire durant les réunions familiales et pourtant, quelle est la part de cet évènement dans ma construction psychologique ? Seule solution trouvée par mes parents et la directrice : que je n’aille plus en récréation, protégée dans l’antre de la bibliothèque. Plus de contact avec l'autre, plus de risque. De même, on pensa à m’enlever de l’école quand j’avais 11 ans mais les uns rappelaient sans cesse aux autres que "l’école est formatrice", il faut créer du lien social, et puis c'est par ce biais et seulement par ce biais qu'on apprend la vie… (Quid le CNED ou tous les enseignements plus hors-normes qui réussissent très bien à certains ?) “Poil de carotte”, “dent de lapin” : régulièrement, on - deux garçons - lui jette des graines de maïs sur la tête quand elle rentre chez elle. (après les avoir mastiquées, évidemment) On rigole, goguenard, elle accélère le pas. Elle a 12 ans et on s’amuse à la bousculer dans les couloirs, on est trois filles têtes brûlées, elle est sérieuse, un peu intello et ne dit jamais de gros-mots, c’est rigolo de voir si elle va se mettre en colère ou encaisser, c’est rigolo de voir si elle va tomber dans les escaliers aussi. Pousser dans les escaliers, c'est mieux que dans les couloirs : elle va peut-être glisser la tête la première jusqu'à l'étage inférieur ! La vie n'est qu'un test immense où l'autre est notre cible.

Cours de sport, devant tout le monde on lui demande à haute voix de quelle couleur sont les "poils de sa foufoune". "C’est comment quand on est rouquin ?" Un cercle moqueur. C’est rigolo. Et c'est bizarre les roux.

Il y a aussi le grand délinquant du collège. Lui, c’est un cas très rare, en rien représentatif du collège modèle dans lequel j'étudie. Il cache un cutter dans sa chaussure, il dit qu’il va me couper les cheveux, mais je comprends que c’est juste pour me faire peur. Allons bon, c'est un jeu, inutile de le prendre au sérieux ou d'en parler autour de soi en petit fayot. Il s’amuse à entailler mon étui de flûte, il sait que suis soigneuse mais ne dirai rien, ne me plaindrai pas. Je ne fais jamais d'histoire. Il brûle les murs avec son briquet. Il me fait peur, quand même. D’autant plus que je suis une cible potentielle, un peu trop rouquine et intello. Mais on décide (les professeurs) que s’il faut l’envoyer à la vie scolaire pour le renvoyer de cours, c’est moi qui m’en chargerai. Car je suis mature et responsable, et en plus par je-ne-sais-quel-miracle, je canalise souvent les mauvais élèves ; j'assagis. Nouveau plan de classe, je serai aussi près de lui. Merci messieurs les professeurs. Mes parents s'insurgent, ce n'est pas mon rôle d'élève d'aider à la discipline. Mais que faire ? On laisse couler car, dans cet univers, faire des vagues vous stigmatise encore plus et vous met à dos professeur élèves mais aussi principal qui ne supporte pas les jérémiades des parents. "Pfff, que des enfants gâtés !"

Le bruit, les adolescents qui se moquent les uns des autres. Dix fois par jour, le jeune homme sensible entendra crier autour de lui "PD, tapette !". C'était mon ami mais j'étais paralysée, impossible de l'aider, cela me retomberait dessus, moi qui ne faisait déjà pas la fière. Un jour il revient une boucle à l'oreille pour faire plus viril et affirmer son identité : les moqueries redoublent. Il y a le fameux élève qu’on ne peut pas renvoyer définitivement car il n’a pas encore 16 ans, il traite de connasses les professeures, mais uniquement les femmes. Il y a l’autre intello, elle aussi une cible facile et qui pourtant se moque de moi et me regarde en biais quand je tente de me réchauffer l’hiver en soufflant sur mes mains. Cela lui permet en se moquant de ses paires de ne pas y être assimilée. C'est bien connu, si tu te fais instigateur de pics assassins, tu évites d'en faire les frais. J’ai dû faire un bruit bizarre, je dois être bizarre, c'est en tout cas ce que je ressens. J’aime être différente, ne pas être comme tout le monde et je me dis qu'après tout l'adolescence sert justement à trouver et affirmer son identité, qu'ils n'ont rien compris à tous se mimer les uns les autres.

Les bousculades dans l’escalier, la solitude quand, plâtrée au bras je ne peux pas ranger mes affaires et prendre mon sac, que je reste seule dans la salle de cours alors que tous les autres sont déjà partis en pause depuis cinq minutes. Mais ça me permet d'échapper à la cohue et finalement, la solitude relaxe. Personne ne m’aide, évidemment pas les professeurs pour qui c'est affaire de camarades et qui jugent hors de leur rôle d'intervenir. Les couloirs, royaumes des ados où les équipes éducatives n'osent mettre un pied. Et la peur de tomber et d’être moquée, les graines de tournesol sur la tête. Encore et encore. Que des mots qui s'enchaînent dans ma tête avant de pouvoir enfin faire régner le silence chez moi. Plus ancien, un souvenir remonte sur les flots de ma conscience. CM2, à peine 10 ans et le système pileux qui s’éveille, une jeune fille de 9 ans vient me voir, prend cet air hautain et me dit que c’est vraiment dégoutant et que je devrais m’épiler, qu’elle ne comprend pas pourquoi je reste comme ça. 10 ans à peine. On ne s'épile pas quand on est un enfant, on n'est pas censé subir autant le diktat de l'apparence et les jugements des autres. On est juste un enfant. Son regard, je ne l'oublierai jamais, et surtout la honte ressentie à l'époque.

J’ai eu une enfance heureuse mais quelque part, est-ce que ces moments de vie n'ont pas été une forme de harcèlement ? Ou tout du moins, ne l'aurais-je pas mieux vécu si ça avait été pris au sérieux et reconnu ? Notons qu'Internet et les réseaux sociaux ne s’étaient pas encore développés, imaginez maintenant le quotidien des adolescents actuels qui le subissent ? Je ne peux que l'esquisser vaguement et m'étonne souvent du désintérêt des adultes.

Peut-être que si mes anecdotes n’ont pas basculé du côté obscur du harcèlement scolaire, c’est parce que je me suis fait toute petite, jusqu’à disparaître totalement pour éviter tout risque (et n'aurais pas dû avoir à le faire) Si vous êtes invisible, personne ne vous pointera du doigt. Comment, en tant que jeune adulte, réapprendre à vivre et s’affirmer en oubliant les réflexes de l’adolescence ? Peut-être que les harcelés dont on entend tant parler ont juste eu le courage de s’affirmer et de dire qu’ils étaient là. Oui, crier "J'EXISTE".

Je lis des articles féministes depuis quelques temps, je m’intéresse aussi au racisme ordinaire, bref à la manière dont la société structure notre incosncient pour nous faire admettre une pensée dominante comme pensée normale, nous menant même à rejeter malgré nous toute minorité et caractère “anormal”. Malgré soi, tout en se voulant ouvert d'esprit, nous pouvons, chacun de nous peut donc abriter des préjugés.

Quand cesserons-nous de pointer du doigt tous ceux qui semblent échapper au rang ?

C'est pourquoi je m'interroge quant au harcèlement scolaire qui lui aussi donne la voix aux plus forts, nous faisant croire que c'est l'ordre naturel des choses. Les souvenirs remontent, mes petites anecdotes à moi de rien du tout se réveillent. Ce collège que j’ai tué dans ma mémoire, ces quatre années à arpenter des couloirs à toute vitesse en évitant les secousses car c’était le bazar, les larmes montent. Tout simplement, je poserai cette question : est-ce normal que 10 ans après les larmes coulent par cette simple évocation ? Non, ça ne m’a pas forgé le caractère, ça ne m’a pas appris la vie. Cela m'a seulement appris à faire profil bas et abandonné mes idéaux. Comme dans Tommorroland, entendre répéter que "c'était ainsi" a fini par tué tout mon optimisme. Et si je pensais avoir définitivement tourné cette page, je suis bien obligée de reconnaître que cela a influencé chaque instant de ma vie postérieure.

En seconde, je décide d’avoir une nouvelle vie. Relooking, coupe de cheveux. Je choisis le plus grand lycée publique de ma ville avec l’option de mes rêves. Après une journée, je suis terrassée par la peur. Il y a trop de monde partout, je suis trop faible, pas assez sûre de moi pour supporter ça. Les premières prises de contact se sont pourtant très bien passées, j'ai même été parfaite dans mon nouveau rôle. Ce premier jour me place directement au milieu d’un groupe soudé. Et pourtant j’ai paniqué, la petite fille qui avait vécu cloîtrée dans la peur de l’autre pendant quatre ans ne pouvait sortir au grand jour si brusquement, dans le plus grand lycée de la ville, celui avec une vie sociale hyperbolique et des jeunes "in". Je m’inscris rapidement dans un petit lycée privé, plus rassurant mais aussi avec moins de prétentions ou d’ambitions. Je regretterai toujours ce choix qui m’a sûrement privé de bien des choses, dont quelques voyages exceptionnels. Néanmoins, pendant trois ans dans un lycée tranquille qui cultivait le respect mutuel, j’ai appris à respirer plus sereinement et me suis contruite peu à peu. Je sortais encore très rarement mais j’appréciais mes camarades, tout était plus détendu et moins agressif. Il me fallut encore une année de prépa, qui prolongeait le lycée et m’évitait de choisir une voie et de pénétrer le “vrai monde”, socialement au calme, sans aucune vague pour enfin fixer des attentes dans ma vie. C’est seulement à partir de là que je recommençai à vivre. Une vie normale avec des potes, des amis qui vont et viennent et des chagrins d’amour. C'était la vie qui faisait briller mes yeux lors de mes années primaire et qui s'était interrompue subitement et sans raison apparente que je devais apprendre à affronter.

Rappelons donc le sans vaciller : la méchanceté, les moqueries, les insultes, l’irrespect ne sont pas corrects et ne doivent pas former à la vie. Ils n'ont aucun alibi et strictement aucune excuse. Soutenons ceux qui en sont victimes et surtout ne les laissons pas égoïstement seuls. Montrons avant tout que nous ne sommes pas d’accord avec leurs oppresseurs. Cette simple pensée les réconfortera et déséquilibrera les rapports de force, écumera les auto-culpabilisations. Personne n'est coupable d'être faible ou différent. Il s'agit en situation de dire à haute voix ce que beaucoup ne font que penser en étant témoins d'actes méprisants, voire en y collaborant sans chercher à comprendre. Ayez le courage de défendre les plus faibles même si cela vous coûte ou que vous prenez le risque d'être à votre tour, moqué. Et ne donnons pas d'excuse aux enfants parce qu'ils sont jeunes, il n'y a pas d'âge pour apprendre le respect de l'autre. Ne sous-estimons pas l’agressivité dont ils font preuve les uns envers les autres en les rétrogradant au rang de chamailleries infantiles qui ne nous regardent pas. ("Un jour, tu regarderas ces années avec nostalgie, tu en riras, tu ne garderas que les bons souvenirs." Ah bon ? ) Notre monde est peut-être celui où les représentants ont gagné par abus de pouvoir en écrasant les plus faibles mais libres à nous de construire des structures meilleures et de se battre pour soutenir nos idéaux, qu'ils semblent naïfs, idéalistes ou trop optimistes, bref de rester droits dans nos bottes. Si on vous moque, montrez de quoi vous êtes capable, c'est votre meilleure vengeance et ne pliez pas sous le feu ennemi, restez vous-même. Plus nous serons nombreux à nous affirmer, plus nous encouragerons notre entourage à faire de même et ne pas se replier sous un discours mainstream.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 09:58

Dimanche matin et des dossiers qui m'attendent. Je savoure d'autant plus l'ouverture de stores, les premiers rayons du soleil... Je m'en vais donc prendre mon petit déj' avec les Gilmore girls.

 

 

Vous parlerai-je des Instagramers qui commencent à m'insupporter ? Oui oui, même des gens que j'apprécie qui postent le samedi soir une photo de l'apéro ou le matin le petit-déjeuner des enfants, etc (pour quoi faire ? Montrer qu'ils ont une vie sociale ? Partager leur vie avec tout le monde ? Se sentir moins seul dans les détails du quotidien ? Personnellement, j'aime penser que je ne partage pas ma vie qu'avec un nombre très restreint de personnes. LA sélection. Qu'ils ne me disent pas qui'ils font de même quand 300 personnes ou plus ont l'impression de faire partie de leur existence, au même titre que les vrais amis, au même titre que les bons amis.)

 

Tout ceci était entre parenthèses, ça ne compte donc pas, vous n'avez rien lu, rien entendu. (Je continuerai à avoir ces gens dans mon fil d'actu parce que je les aime mais entre nous, ça m'irrite assez. Bienvenue dans l'ère 2.0 où certaines personnes semblent avoir un besoin vital de multiplier les marques de sociabilité. Toujours plus de contacts, toujours plus d'amis, toujours plus de communication, de reconnaissance. Rien ne leur suffira jamais. Ils ont besoin de ressentir l'amour de la communauté, chaque journée. La communauté prend alors l'ascendant sur l'individu et la singularité des relations s'amenuise - c'est-à-dire ce qui rend le lien à l'autre si spécifique. C'est fort dommage et peu compatible avec mon fonctionnement...)

 

Sur ce, je retrouve mes dossiers et vais finir mon jus d'orange (non vous n'aurez pas de photo, même en insistant)

 

Leveilleure

 

P.S. L'orthographe de mon pseudo est mouvante, léger trouble de la personnalité ;-)

P.S.2 J'en profite pour vous rappeler que je suis sur Twitter, en compte privé, certes, mais n'hésitez pas à m'envoyer une demande. (le compte privé est assez pratique pour bannir les spams ou se sentir à l'abri du regard des stalkers mal avisés) C'est donc ici que ça se passe : https://twitter.com/leveilleure

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 17:17

C'est l'histoire d'une étudiante de province qui n'osait pas faire le pas et quitter sa province. "N'osait" ? Une rapide étude permettait de transmuer la crainte en lucidité. Les deux dernières années l'avaient faite changer, elles lui avaient permis de prendre conscience de problèmes qu'elle préférait ignorer autrefois, problèmes qu'elle devait déceler avant de se sentir prête à partir. Et voilà,  prête à s'envoler vers des sphères moins connues, les portes se fermaient, les situations se compliquaient. Pas très ouverte aux provinciaux les universités de la capitale... (pire que le refus catégorique : la technique du... "décourageons les étudiants")  Alors elle décida, un pincement au coeur, de se baser dans son tranquille petit fief au profit d'excursions régulières dans LA ville. Il restait à répondre à l'éternelle question : écouter son sens pragmatique ou ses envies ? Exclure l'un, exclure les autres : ces deux idées semblaient toutes les deux aussi folles.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 10:32

Bienvenue au merveilleux monde de la fac.

C'est l'histoire d'une étudiante en prépa qui a toujours aimé les lettres, qui ne se sent pas particulièrement attirée par les concours qu'on lui propose, qui aimerait découvrir la fac et qui après moult hésitations décide de franchir le pas et de quitter le rythme familier auquel elle s'était habituée. DM, khôlles,... comme en TS.

Je ne parlerai pas des difficultés administratives, des problèmes d'organisation liés à l'univers étudiant, vous en avez tous une idée je pense. Parlons donc du contenu-même des cours. On peut les diviser en deux catégories : ceux qui m'intéressent et les autres. Pour ces derniers, disons que je me suis fait une raison, pour réussir il suffit de se motiver par les premiers. Et c'est là que le hic arrive, un très gros hic. Oui, on est à la fin du premier semestre, et je me suis surprise à suivre avec attention tous les cours de littérature médiévale alors l'annonce de l'examen tombe : il s'agira d'une dissertation à faire chez soi. Puisqu'il en est ainsi on suppose donc que le professeur sera très exigeant,  puisqu'on vient de prépa, on met la barre encore plus haut, puisque le sujet nous intéresse on se lance à corps perdu dans cette dissertation, on n'en travaille pas seulement le contenu mais aussi le style, on se rappelle de tous les conseils engrangés dans sa vie d'étudiante et en quatre jours on achève cette fameuse dissertation. Après les partielles, plus ou moins réussis on a une certitude : celle d'avoir réussi la dissertation de littérature médiévale, c'est notre seule véritable fierté. Comment peut-on se réjouir d'avoir donné 3 définitions en linguistique ? (qui n'est d'ailleurs pas notre secteur de prédilection) Mais ici, on a la conscience de l'effort et du travail fait correctement, on a notre plan en trois parties si réputé et il tient debout, il ne me paraît pas bancal pour une fois ! Insensé d'avoir une telle confiance en une matière littéraire me direz-vous... Peut-être mais au fil des ans j'ai appris à m'estimer, et après un an en hypokhâgne je suis parvenue à un résultat acceptable : devinez ma note à 2 points près ! Je ne m'engage tout de fois pas dans cette voie car on est à la fac et on ne connaît pas ce microcosme ni ses professeurs ! Et on a bien raison. Les résultats des partielles tombent. Et c'est un 8 ! Je suis surprise, je ne comprends pas mais je dois attendre les vacances avant d'en parler au professeur. Or à la rentrée, elle est absente, plusieurs fois. (rien de surprenant vous connaissez le parcours du petit étudiant, il est semé d'embuches) finalement je parviens à récupérer ma copie mais je dois encore attendre pour lui en parler. Les deux premières pages ont été parcourues, les suivantes ne portent aucune mention. Un de mes premiers paragraphes a droit à ces mots, terriblement vexant et jamais rencontrés auparavant : bavardage. Mon introduction serait quant à elle trop longue. Pour le reste il ne s'agirait d'après l'appréciation que d'un copié-collé, ce à quoi le professeur répondra "Ah, il me semblait..."  Pour le principe je suppose, ma note sera remontée à 11 mais me laissera ce goût amer que je connais hélas, de mieux en mieux. Je n'aurai donc aucun avis sur le contenu de ma copie et ne devrait me contenter de ces trois points, trois points que mes camarades s'étonnent de voir bouder.  Mais oui, je devrais être heureuse j'ai trois points supplémentaires !

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 11:22

Je dois écrire, je dois écrire, je dois écrire. Pourquoi? Parce que ça fait longtemps que je n'ai pas rédigé d'article complet, parce que je dois alimenter le blog. Non, faux ! C'est l'inverse, c'est parce que je veux écrire que j'ai fait un blog, ça me donne une motivation supplémentaire, ainsi je suis sûre de ne pas griffonner quelques mots que je glisserais au fond d'un tiroir sans jamais y donner suite.  Je n'aime pas qu'on me lise alors c'est beaucoup plus simple car en un clic tout est posté. Des inconnus lisent, la difficulté est mise à distance. Mais écrire à propos de quoi? Ma page d'idées est pleine mais ce matin je n'ai guère envie de choisir ces sujets. Alors j'écris à propos de rien, je parle d'écrire justement. Il fait beau mais je me suis habituée à la pluie, je m'étais glissée dans une ambiance automnale... Le soleil est parfois aveuglant, agressif mais un rayon à travers un store c'est agréable, on en fait ce qu'on veut, on joue avec la lumière on imagine l'atmosphère qui nous correspond le plus... Les nuages passent, comme le temps, le soleil s'éclipse et revient.  En réalité, les sujets ne sont que des prétextes parce qu'il est doux de se trouver là, devant mon écran, hors du temps, de sentir le temps qui passe. Dehors les gens s'agitent mais ici tout est calme et serein. Il est doux de regarder les nuages passer, de tendre l'oreille pour absorber quelques notes de musique. Il est doux d'écrire devant cet écran, de laisser s'égrener les minutes en ne rien pensant, simplement en étant là. Ces quelques lignes ne sont ni enflammées ni engagées ni même motivées, elles sont.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:36

 

Tout commence par l'arrivée impromptue de mon anniversaire dans le calendrier. Peu de temps pour le fêter (il est passé à la trappe en réalité...) mais je devais dire avec le plus grand soin quels cadeaux me feraient plaisir. L'image de ma vieille montre tout rayée, qui d'ailleurs ne m'avait jamais réellement plu me vint immédiatement à l'esprit. La question apparemment simple du choix de l'objet temporel se révèla alors sous toute sa complexité. Il paraît en effet qu'une montre ne sert plus à indiquer l'heure mais à embellir votre sublime poignet. C'est donc un problème de mode, le bracelet doit être tendance, pas celle des décennies précédentes, non la tendance actuelle bien sûr. S'il est évident que je ne me voyais pas arborer le petit bijou de grand-mère, la vendeuse fut surprise de mon dédain pour les paillettes, strass ou modèles occupant la surface entière de l'avant-bras! Je me suis donc reportée sur des modèles plus simples, non pas dénués de charme, me rappelant vaguement le graal tant recherchée : un savant mélange de modernité et d'histoire, un petit rapport au gousset d'antan. Hélas, cette fameuse alchimie fut incomprise et la vendeuse me voyant essayer par dépit des modèles fort simples, aux prix modestes et tout à fait suffisant pour l'usage que je comptais en faire traita tout bonnement mes choix de "vieillot", portés uniquement par les "mémères". Vexée, j'observai les modèles qu'elle me montra, m'appliquant à les refuser tous et au dernier essai, triomphante j'affichai une moue dubitative! Un modèle attira bien mon attention mais elle m'expliqua que j'avais le poignet trop fin pour lui et qu'on ne pouvait pas en régler la taille. Je me mis à maudire instantanément les normes, la mode et tout le centre commercial. Après tout, ce n'était pas de ma faute si je décidais de ne pas suivre la tendance (quelle horreur) et d'être plus subtile que la plupart des gens! Voilà donc ce qui arrive quand on me vexe, je prends de l'assurance et ma modestie s'efface devant de puissants réquisitoires contre notre société. Mais finalement que porte le sublime poignet qui tape ces quelques lignes? Vous allez être un peu déçu car...il ne porte rien. Mais en réalité il se délecte sur le net car quelques jours après mes déboires, j'ai surfé sur la toile et découvert des centaines de montre dont quelques modèles qui collaient parfaitement à mes attentes. Alors, à moi la tendance du web, "elle est pas belle la vie"?!

 

Titre de l'article : cf le titre en vf du premier épisode de la saison 2 de Veronica Mars, il faut décidément tout vous expliquer cher lecteur !

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