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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 10:46

Serait-ce de mauvaise foi de justifier la procrastination par un certain nuage radioactif ? Je n'ai pas l'intention de vous ressortir un non-article comme celui-ci, une prétérition pour les adeptes et rassurez-vous, j'ai quelques idées en réserve (Pushing daisies pour les curieux) mais aujourd'hui ma motivation est faible. J'ai donc décidé de vous faire partager, si vous ne les connaissez pas encore deux courts-métrages qui m'ont marquée. J'avoue d'ailleurs mon énorme lacune dans le genre et vous invite à m'en faire découvrir davantage.

 

Bienvenue dans un univers décalé, poétique et très touchant, celui de Jérémy Clapin.

 

Une histoire vertébrale (2004)

Il est difficile de mieux résumer cette histoire que ne le fait le titre, devant ces images ma première réaction fut la surprise, en effet la vision de ce petit monsieur dont la colonne vertébrale est tordue prête à sourire mais pas un sourire moqueur... Ces personnages simples, évoluent dans deux univers opposés. Sauront-ils se rejoindre ?

 

Le personnage masculin a la tête tournée vers le sol, il ne peut pas entrer en communication avec son environnement, il ne vit donc qu'à travers l'art c'est-à-dire le cinéma...

 

Si le ton du premier court-métrage se veut léger, rappelant les histoires pour enfants, celui du second est bien plus grave. On passe donc d'un personnage dépressif mais amusant  devant lequel il est aisé de s'attendrir à un autre, bouleversant. Le thème principal est la schizophrénie, mais ce personnage littéralement "à côté de ses pompes" peut renvoyer à d'autres maladies mentales ou même à chacun d'entre nous, lorsqu'il n'est plus en phase avec le monde.

 

Skhizein (2008)

 

Les BO ont été composées par Nicolas Martin, "La météorite" refléte à merveille l'ambiance du film... Vous trouverez plus d'informations les concernant sur ce site consacré aux deux oeuvres :

La Pellicule Ensorcelée

 

EDIT : J'ajoute La Maison en petits cubes court-métrage japonais qu'un ami m'a fait découvrir, encore plus triste par les temps qui courent. C'est poétique, ça parle du souvenir, c'est écrit par Kenya Hirata et réalisé par Kunio Kato.

 


 

(3 prix : l'oscar du meilleur court en 2009, prix Hiroshima en 2008 et Cristal d'Annecy)

 

EDIT

 

Du 1er au 8 avril se déroulait le festival du cinéma européen à Lille mettant à l'honneur le court-métrage. Le premier prix a été remporté par Marek Skrobecki pour Danny Boy mais l'on s'intéressera à un petit coup de coeur : Cul de bouteille.

Cul de bouteille est très poétique, il me rappelle les court-métrages précédents. L'histoire d'un petit garçon, myope qui préfère voir le monde sans lunettes. Ainsi son univers lui semble plus rassurant, il peut laisser libre cours à son imagination et voit de petits êtres fantastiques. Un ressemble beaucoup à ET, un autre aux kodamas (d'après les légendes japonaises ce sont les esprits des arbres, on les retrouve nottamment dans Princess Mononoke de Miyazaki) La nuit son imagination est toujours autant active mais le rêve se transforme en cauchemar, des mantes religieuses apparaissent.

"Cachées derrière chaque chose, ces créatures n'attendaient qu'un regard pour exister."

 


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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 23:20

Black Swan, quelques pensées au fil du film comme je l'ai fait pour Pulp fiction.

D'excellent articles ont déjà été écrits à propos de lui, je n'ajouterai probablement rien de neuf mais voici tout azimut quelques remarques...

 

Attention cet article dévoile les intrigues du film.

 

Oui, cher lecteur en voyant ce film j'ai décidé de me lancer à l'arrache pour me protéger de tout perfectionnisme. (une expérience traumatisante comme vous pouvez le voir ! )

 

On vérifie encore cette fameuse petite théorie :  Tout est dit dès le début.

Pas d'introduction, on en sait peu sur Nina on rentre immedias res dans cet univers étrange, oppressant. Il s'agit bien d' un drame intime.

Premières images, on observe la majesté de la danseuse étoile, elle est éclairée par les projecteurs et semble plutôt sereine. On a découvert le premier personnage, j'ai nommé : White Swan.  Il se meut harmonieusement sur la scène mais une ombre s'approche, inquiétante pour le pervertir, le renverser en ange noir. Nous avons fait connaissance avec le deuxième personnage, j'ai nommé : Black Swan. Tout cela après 1:30. Record explosé, c'est un chef d'œuvre* ! CQFD, la critique est terminée. Je vous avais bien dit que je la ferai à l'arrache !

 

Ne vous inquiétez pas, non je ne vais pas vous abandonner maintenant ! On continue donc : à la cinquième minute environ apparaît la figure de l'autre, le double,  le verso. Il est révélé par des jeux de miroir ou par des reflets sur les vitres. Chaque personnage clé est vu au moins une fois à travers cette représentation. Est-elle fiable ? Telle est la question car un miroir, ça déforme, une caméra, ça ment.  On aperçoit également le portrait d'une  danseuse, toujours dans le thème de la représentation de soi et de l'autre. (extrême cohérence quand on connaît le déroulement du film)

http://cinechange.com/wp-content/uploads//2011/02/Black-Swan-Natalie.jpg

Nina marche, on la suit en caméra subjective telle une ombre sur ses pas qui cherche à la rattraper.

La dualité de l'être apparaît avant les auditions "laquelle d'entre vous pourra incarner les deux cygnes, le noir et le blanc" ?

Dans la salle de maquillage en volant le rouge à lèvre elle s'imagine déjà dans la peau de l'élue,  les cercles de la perfection l'attirent déjà,  elle les touche et n'en a jamais été si proche. Alors quand sa prestation n'est pas appréciée ("Attaque, attaque, attaque !") parce qu'elle n'est pas suffisamment dans la séduction, dans la passion pour faire un black swan, elle se sent perdue.  Le monde tournoie autour d'elle, elle n'a plus aucun repère et l'autre, plus précisément l'agresseur s'introduit dans la salle , il s'agit de Lily qui a les faveurs du maître suprême, du professeur  à l'aura percutante. Nina perd l'équilibre.

Cette quête de la perfection peut vous détruire, elle vous emprisonne et vous coupe du monde extérieur, vous n'appartenez plus qu'à votre quête. Après l'audition, mal à l'aise elle se retrouve seule aux toilettes et rentre chez elle, avec toujours cette caméra subjective qui la suit, qui pèse sur elle comme l'ombre du fatum malfaisant. Brièvement elle voit son propre visage à la place de celui d'une passante. Elle se perd elle-même, son âme se dédouble dans les profondeurs de la ville. (le trajet, le chemin du retour symbolise de façon courante le voyage de la vie, ici il se fait en métro, ce n'est pas anodin)

Le passé de Nina c'est le white swan avec  sa chambre d'enfant, sa boîte à musique. Pour s'en départir elle met du rouge à lèvre mais il ne suffit pas de maquillage pour se transformer en sombre animal. Cette mutation est possible car on a tous une part d'ombre en nous, ces profondeurs peuvent être fascinantes mais Nina n'a pas idée de ce qu'elle peut perdre en s'y engageant, toutefois elle le pressent et le craint sans pouvoir dévier son trajet.

"perfection","transcendance" Ces mots martèlent notre esprit, cette quête obsède Nina.

La passion amoureuse ou ici la tension sexuelle peuvent faire surgir cette force intérieure que Nina a en elle "You bite me" dit Thomas, surpris.

"Cette force maléfique te contrôle sans que tu puisses y échapper. " indique une chorégraphe. Elle devra se métamorphoser pour le rôle,  cet art qui se veut si passionné marquera son existence, sa chair.  On le découvre avec sa mystérieuse blessure dans le dos. (le miroir, les tableaux, la blessure...ça me fait beaucoup penser à l'histoire de Dorian Gray)

La mère omniprésente (La relation est assez malsaine entre les deux personnages) semble veiller sur sa fille comme un ange gardien, la figure maternelle ramène à l'enfance, elle veut garder son white swan et redoute l'apparition pourtant inévitable du black swan.

A l'hôpital, la première vision de la blessée se fait par son reflet sur la porte. Ce thème est décidément omniprésent, à croire que le film est un vaste kaléidoscope où se reflètent les âmes dédoublées des danseurs. Or l'art c'est du reflet, de la représentation du réel plus ou moins fidèle, on peut se demander si l'image peut incarner l'essence. En l'occurrence la réalisation n'est pas réaliste et transparente, elle déforme les plans elle pèse sur les personnages, oppresse le spectateur. Cette forme d'art, quasi surréaliste prend la forme d'une âme torturée.

La déformation du corps, cette chair marquée profondément bouleverse Nina parce qu'elle y voit son propre avenir. Sa peau est elle-même marquée. Et pourtant c'est inéluctable, elle a son destin en face d'elle.

On trouve de façon croissante un mélange de peur et d'attraction. Comme le montre la répétition de la formule "Let it go" elle devra dépasser cette peur pour devenir le Black Swann.

Dans le bar Nina dit à propos de l'histoire "That's not happy. That's beautiful actually." C'est l'histoire du Lac des Cygnes, c'est l'histoire de Nina, c'est l'histoire du film.

 Elle vomit pour rejeter ce qu'elle trouve monstrueux en elle. Quand Lily est surprise des effets de l'ecstasy Nina se sent étrangère au monde,  seule. Ensuite dans sa chambre, elle met la boîte à musique pour se rappeler qui elle était avant le rôle de Blak Swann. Elle espère sans trop y croire qu'ainsi tout redeviendra normal mais en vain, elle jette alors toutes ses peluches. Cette jeune femme qui n'était jamais vraiment devenue adulte décide de tuer cette partie d'elle, celle de l'enfance. On peut rapprocher ce thème de celui de l'adolescence qui constitue d'une certaine façon le meurtre d'une partie de soi, l'acceptation de son corps et de ses pulsions.

Nina apparaît ensuite plus déterminée, plus sûre d'elle.

Enfin, vient l'apogée du Lac des cygnes, l'air magistral de Tchaïkovski.  Cet air m'avait déjà envoutée avec Billy Elliott, c'est grandiose.

Le passage du saut : c'est l'irrémédiable (cf un poème de Baudelaire qui semble bien convenir au film*) , elle ne peut plus revenir en arrière, elle se sent effrayée, mais elle fait son choix et saute.

La folie se précise après cet instant fatidique, elle se regarde dans le miroir et voit son double faire d'autres mouvements qu'elle, elle se gratte le dos.

Elle rend ce qu'elle a volé parce qu'elle comprend l'enfer que cette vie peut représenter mais ce qui est perdu ne reviendra jamais vraiment.

Après 80 minutes le film se comporte comme un thriller sauf qu'ici l'ennemi c'est Nina elle-même, cette terrible menace qu'elle fuit est avant tout psychologique.

La folie prend deux aspects, d'une part Nina ne fait plus la différence entre la réalité et ses hallucinations, ce que le spectateur peine aussi à faire, de l'autre elle ne fait plus la distinction entre le Moi et l'Autre.

Et ce mal qui la ronge lui permettra d'atteindre la perfection pour cela elle sacrifiera sa vie ce qui semble en être l'inévitable prix. Contrairement à la danseuse en retraite, pitoyable, les derniers pas de Nina seront ceux de la perfection.

Quand elle croît se battre contre Lily, elle se bat en réalité contre elle-même, cela suggère que le plus beau des actes est en fait issu d'un combat intérieur. Cette guerre cruelle produira du Beau, du Beau qui dépassera les notions de Bien et de Mal.

http://2.bp.blogspot.com/_g0OLvBgXais/TFT3owbQuKI/AAAAAAAAACE/t-vXyRjUKGQ/s1600/black-swan-0.jpg

Il n'y a que la souffrance face à la mort qui permettra à Nina la transcendance. Thomas avait employé le terme au début du film or la transcendance c'est bien aller au delà de la vie. (en latin transcendere signifie franchir, surpasser)

 

* "L'irrémédiable" de Charles BAUDELAIRE

(extrait des Fleurs du Mal)

Une Idée, une Forme, un Etre
Parti de l'azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul oeil du Ciel ne pénètre;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu'a tenté l'amour du difforme,
Au fond d'un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres!
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres;

Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d'un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d'un gouffre dont l'odeur
Trahit l'humide profondeur
D'éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu'eux;

Un navire pris dans le pôle
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle;

- Emblèmes nets, tableau parfait
D'une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu'il fait!

Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un coeur devenu son miroir!
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
- La conscience dans le Mal !

 

 

* Si ce film est intéressant, je ne pense pas toutefois qu'il comptera parmi mes préférés. Pour en être sûr il suffit d'attendre quelques mois et de constater ce qu'il en reste dans mon esprit !

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 11:06

10 ans, cela fait 10 ans que le premier volet de The Lord of the rings est sorti et pourtant la trilogie est toujours autant présente dans les esprits. Cette nouvelle aventure, Jackson l'avait prévue depuis longtemps, en fait The Hobbit devait même être le premier film  à voir le jour ce qui aurait été plus  évident au niveau chronologique mais le sort ne lui fut pas favorable. Finalement ce film sera celui de la nostalgie, sa physiognomie en sera imprégnée comme le montre l'aménagement du scénario... Mais revenons d'abord sur les difficultés juridiques qui ont miné le chemin de The Hobbit.

http://www.readjunk.com/wp-content/uploads/2009/06/news_0609_peterjackson.jpg

Beaucoup d'interrogations, de rumeurs, de retournements de situation pour un film qui remue la planète cinéphile avant même sa production, pour celui qui s'annonce déjà comme l'un des plus chers de l'histoire du cinéma, à cause des procès qui l'ont mis en danger. On revient sur l'aventure et on fait un bilan sur les derniers évènements.

http://trottine.t.r.pic.centerblog.net/clvic2i2.jpg

Il semblerait que les plus grands problèmes viennent de New Line cinéma, la société de production de The Lord of the rings. Mais que s'est-il passé ?

En réalité les héritiers de Tolkien ont estimé qu'ils n'avaient pas reçu de la part de New  Line cinema des droits suffisants, ce qui semble finalement une demande légitime.  En échange d'une certaine somme, ils ont renoncé au procès, ce qui a permis de débloquer le conflit qui durait depuis plusieurs années.

Mais ceci n'était que la partie émergée de l'iceberg puisque Peter Jackson était lui-même engagé dans un combat contre la New line, elle ne lui aurait pas versé tous les revenus qui lui étaient dus. Cela explique pourquoi il ne devait pas réaliser le film (de plus, il lui semblait difficile  d'avancer sans l'ombre magistrale  du précédent succès) Ainsi après bien des rumeurs le nom de Guillermo Del Toro avait été annoncé. pour la mise en scène. Il était censé réaliser le film, il avait d'ailleurs dépensé beaucoup de temps et d'énergie à préparer sa production mais devant le parcours semé d'embuches, il a décidé de se retirer. Il a ainsi contribué à l'élaboration du scénario. Finalement, Peter Jackson est le seul à pouvoir orchestrer un tel défi. on pourrait dire qu'il s'agit de son fardeau ! Il est rare de constater un tel investissement personnel, une telle persévérance mais grâce à ses efforts et à sa motivation sans failles, les obstacles sont tombés un à un et le tournage devrait bientôt commencer en Nouvelle-Zélande. (la maison de production avait souhaité le délocaliser mais après une bataille acharnée, tout est rentré dans l'ordre, il s'agissait évidément d'une question financière)

Mais la malédiction du hobbit ne s'arrête pas là puisque le tournage a déjà été retardé deux fois, la première en raison de l'hospitalisation de Peter Jackson et la seconde en raison du terrible tremblement de terre en Nouvelle-Zélande. La première date se situait aux environs du 14 février, la seconde du 21 mars mais les acteurs semblent plus que jamais motivés.

Freeman a ainsi déclaré (avant le tremblement de terre bien sûr) : “I’m not [worried],” he said of the so-called curse. “There are some bits of bad luck to do with it, I guess, that are almost comical, I suppose. But we’re all very optimistic about it. We’re all ready to go, just as soon as 2015 rolls around. We will be there and ready.”

Les autres acteurs sont à peu près dans la même optique, malgré une certaine lassitude face aux multiples retards (par exemple Sir Ian McKellen qui explique sa longue attente dans cet article).

 

Mais tout est prêt, ce n'est plus qu'une question de temps pour que l'aventure The Hobbit commence. Hey, vous avez dit un film ? Vraiment ? Eh bien non, ils seront deux et en 3D qui plus est !

Leurs titres devraient être, There and Back Again et An Unexpected Journey (d'après http://www.theonering.net)

 

Le casting est presque entièrement fixé et nous réserve de belles surprises, en effet des anciens  qu'on n'attendait pas ferons leur retour, par exemple Elijah Wood pour qui le scénario a été spécialement aménagé. Il est également possible que suite à la sortie des deux The Hobbit, la trilogie The Lord of the rings ressorte au cinéma mais en 3D cette fois. D'un côté cela représente d'importants bénéfices, de l'autre cela va réunir toute une communauté, celle des fans bien sûr mais aussi des acteurs qui, il me semble ont noué des liens sincères. Je n'ai pas souvenir dans l'histoire du cinéma d'un phénomène de telle ampleur, car le Seigneur des Anneaux est différent des autres films ou des autres chef-d'oeuvres car il possède une âme.

 

Mais faisons d'abord le tour des nouveaux acteurs, plus exactement des futurs nains !

 

Présentation des nouveaux


 

 Acteur


  

Personnage


 

Martin Freeman

http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/4043/martin-freeman.jpg

Peter Jackson a déclaré, qu' au premier contact il avait su que l'acteur était le Bilbo qu'il cherchait. Les prochaines années il endhossera donc à la fois le costume de Bilbo mais aussi celui de Watson dans Sherlock Holmes, un emploi du temps chargé en perspective ! 

Bilbo Baggins

Sa vie va changer à la visite de Gandalf et de 13 nains, ils veulent en effet vaincre un dragon et prendre son trésor, ils ont besoin de lui en tant que voleur.

Richard Armitage

http://4.bp.blogspot.com/_mcRr3B03QgQ/TIyKPmjfE1I/AAAAAAAAHEg/vg-yL9TKypc/s1600/armitage_280_456612a.jpg

L'acteur britannique a commencé sa carrière au théâtre, il a ensuite joué dans les séries North & South,  Robin des bois et [MI-5].

  Thorin

le chef des treize nains

Aidan Turner

http://scifipulse.net/wp-content/uploads/2010/07/tumblr_kvp1e1GWew1qzlhaoo1_500.jpg

Il est principalement connu pour son rôle dans Being human où il interprète un vampire. (les 2 autres personnages principaux sont un loup-garou et un fantôme, ils sont tous les trois en collocation et tentent d'avoir une vie normale)

Kili

neveu de Thorin

Rob Kasinsky

http://www.exposay.com/celebrity-photos/rob-kazinsky-star-trek-london-premiere-j0PeXx.jpg

L'acteur qui ne pouvait, pour raisons personnelles plus jouer Fili a été remplacé par Dean O'Gorman.

http://84.245.40.245/mcleod/albums/bio/ASI-MD-113.jpg

 

Fili

frère de Kili (donc neveu de Thorin)

Graham McTavish

http://images.tvrage.com/people/20/58517.jpg

Dwalin

frère de Balin 

John Callen

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/12/john-callen_.jpg

Oin

Steven Hunter

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/12/StephenHunter-150x150.jpg

Il a principalement joué dans des comédies mais il a démontré ses talents pour le drame dans de nombreux rôles pour la télévision.

Bombur

Comme vous pouvez l'imaginer, Bombur, Bofur et Bifur sont cousins !

James Nesbitt

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/12/James-Nesbitt.jpg

Bofur

William Kircher

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/10/William-Kircher.jpg

Bifur

Mark Hadlow

http://www.celebspeakers.com/assets/resized/upload/3206/Hadlow,%20Mark%202006-0-238-0-0.jpg?k=0a95d39de1

Dori

Peter Hambleton

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/12/peter-hambleton.jpg

Gloin

C'est le père du fameux Gimli.

Adam Brown

http://www.elbakin.net/plume/xmedia/film/news/bilbo/casting/adam_brown.jpg

Ori

Mikael Persbrandt

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/10/mikael-persbrandt.jpg

Beorn 

  Comme son nom l'indique (Beorn signifie ours en vieil anglais), il peut se changer en ours. Il vit en hermite dans la forêt mais il aidera le groupe.

Sylvester McCoy

http://www.cowal-games.co.uk/wp-content/uploads/2010/07/Sylvester-McCoy.jpg

Le 7ème docteur dans Doctor Who (entre 87 et 96)

 

Radagast le brun

Un puissant sorcier. Il fait partie des Istari comme Gandalf

Ken Stott

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/10/ken-stott.jpg

Lord Balin

Ce nain de sans royal deviendra ami avec Bilbo dont il vantera les exploits.

Ryan Cage

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/10/ryan-Gage.png

Drogo Baggins

le père de Frodo Baggins

Jed Brophy

http://the-hobbitmovie.com/wp-content/uploads/2010/10/Jed-Brophy.jpg

Nori

 

Comme vous pouvez le constater, les acteurs britanniques sont nombreux. Beaucoup sont connus pour leurs rôles dans des séries de la BBC, on a ainsi un vampire, un Docteur Who, un Docteur Watson... Ces choix me semblent assez cohérents et je m'imagine facilement un Bilbo dans la peau de Martin Freeman. Mais les anciens seront également nombreux, plus qu'on ne pouvait l'espérer...
 

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

Les retours

 

Hobbit-return

 

~Galadriel-Cate Blanchett

~Saruman-Sir Christopher Lee          

~Gollum - Andy Serkis      

~Gandalf - Sir Ian McKellen          

~Legolas- Orlando Bloom

Un grand mystère planait autour de l'acteur même si l'on savait qu'il ne serait pas dans le prochain Pirate des Caraïbes. Le personnage n'appartient pas à l'oeuvre originale mais Peter Jackson a décidé de l'y inclure, je fais confiance au réalisateur et à son équipe pour adapter le scénario, il s'agissait d'une véritable réussite pour The Lord of the rings.

~Elrond- Hugo Weaving ( Ils aiment faire planer le doute chez les elfes... mais c'est apparemment confirmé)

(Des rumeurs ont circulé à propos de Viggo Mortensen mais je ne pense pas qu'il apparaisse ! )

On retrouvera bien entendu le géniallisime Howard Shore à la BO.

 

 

Et finalement ...

~Frodon-Elijah Wood

Il s'agit de l'annonce la plus surprenante puisque le personnage n'est pas encore né à l'époque du film mais il devrait être le narrateur de l'aventure. On ne peut pas faire comme si The Lord of the rings n'avait pas été tourné avant, The Hobbit sera forcément différent de ce qu'il devait être à l'origine, dans les années 90. Le souffle de son prédécesseur flottera sur lui, et sa sortie réveillera dans nos esprits le doux parfum de la Conté, de la Lothlorien, l'air putride du Mordor ou des mines de la Moïra.

Si les anciens sont aussi nombreux qu'il y paraît (on n'est jamais trop prudent avec ce film) cela donnera tout son sens au titre du premier volet : La communauté de l'anneau, car le groupe qui a toujours semblé soudé est réputé pour sa bonne humeur...

  Thefellowshipofthering.jpg

 

Sources principales : The Hobbit movie et The One ring

 

EDIT du 14/04/11

La première vidéo du tournage !

 

EDIT du 24/04/11
Encore un problème pour le film tant attendu... Rob Kasinsky ne pourra pas interpréter Fili (pour raisons personnelles) , Peter Jackson affirme sur sa page facebook que cela n'affectera pas le tournage mais que l'acteur manquera à tous...
Son remplaçant sera donc Dean O'Gorman
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:01

[Attention : cet article s'adresse aux personnes ayant déjà vu le film.]

 

J'ai eu un peu de mal à sortir cette critique, je dois l'avouer, je ne savais pas vraiment par où commencer. Mais je crois que c'est précisément parce que Match Point est un film réussi, le thème, la réalisation, la BO, le scénario tout se mêle subtilement sans qu'on puisse en retrouver les coutures. Ce n'est pas l'assemblage d'un puzzle dont il suffirait de mettre en évidence les différents aspects.

La première fois que j'ai vu Match Point, j'y ai vu un film dérangeant sans en saisir la dimension.  C'était comme effleurer la surface d'un film sans y pénétrer mais la seconde fois fut différente. Cher lecteur, je ne vous laisse pas plus attendre...

 

   http://3.bp.blogspot.com/_WgX-stQIlO8/TBHkzaGhOrI/AAAAAAAAACk/fiHPFcQaoFU/s1600/images.jpg            

               Chris tente de s'élever socialement et de s'intégrer dans un monde bourgeois, il en accepte donc tous les rituels dont la chasse, les dîners, ...

La visite du musée d'art contemporain me rappelle les romans de Balzac et leur fameuse ironie à propos de la vie bourgeoise. L'un d'entre eux mettait également en scène la visite d'une galerie d'art, les personnages ne s'y intéressaient pas réellement, ils continuaient à parler de leurs problèmes quotidiens en s'extasiant de temps à autres devant un tableau. Ce type de sortie, c'est chic et tendance, "the place to be" pour Chloe et sa famille...

On demande à Chloé comment va Tom, elle répond "Il va bien(...) Ils ont bébé." Il s'agit des étapes de la vie, prédéfinies par lesquelles elle doit absolument passer, se marier, avoir un bébé. Cela devient une véritable obsession, elle en parle sans cesse.

L'expression "J'en veux un à moi" sonne comme une marque de possession, il s'agit d'augmenter le nombre des ses propriétés privées. Tout semble organisé préalablement, on ne note aucune place pour la spontanéité, cette mécanique bourgeoise est bien huilée et rien ne peut l'arrêter, on le constate davantage encore après la mort de Nola, on s'attriste de la nouvelle et la vie reprend son cours.

Chloé est un personnage très bavard, tant qu'on pourrait qualifier ses discussions de babillage creux et inutile (combien de fois vous êtes vous retrouvé devant ce genre de personne,  elle vous parle... vous parle sans que rien ne vous touche véritablement et que tout, toujours vous ennuie profondément) néanmoins elle apparaît comme un personnage sincère, gentil qui n'a pas su s'affranchir de son éducation et briser cet embrigadement social.

C'est en observant Chris que l'on constate à quel point cette société peut mener à l'hypocrisie. D'ailleurs, lui et Nola ont le même parcours, ils ne sont pas amoureux de leurs époux, tout semble faux, cette vie en société n'est qu' un simulacre de vie, un jeu fondé sur les apparences.

Avec Chris, le personnage central, pas de questions existentielles ni de longues discussions, tout passe par le regard que la réalisation porte à merveille. Dans ce film le dit est insignifiant tandis que le non-dit, voire l'interdit constitue la cœur de l'histoire.

 

_______________

 

                Nous sommes habitués au schéma traditionnel du crime passionnel : le mari qui tue sa femme pour vivre avec son amante mais Woody Allen inverse la donne, il nous laisse quelques temps dans l'incertitude mais finalement Chris passe à l'acte.  Ensuite il suffit de faire comme si tout était normal au téléphone alors qu'il est brisé, il pleure. (Ce film, je le trouve brillant. Dérangeant mais brillant !) Elle est un obstacle à son programme, il doit donc l'éliminer, cela suit une pensée froide et rationnelle mais il n'est pas une machine ou un automate, il ressent la passion. Il tentera de la faire taire, comme si vivre dans l'illusion pouvait changer la réalité. Il élimine les obstacles, les sentiments sont des obstacles mais il l'aimait, j'en suis sûre.  On pourrait donc qualifier les deux meurtres de folie rationnelle, croire que l'homme peut se soumettre totalement à une raison froide, implacable en ne ressentant plus d'émotions humaines est finalement une pensée naïve. De ce point de vue on pourrait presque considérer Chris comme victime de ce jugement, il devra vivre avec ses actes, ou se suicider.* (La première fois que j'ai vu le film (de façon superficielle je dois l'avouer), j'ai pensé "quel salop" mais maintenant  ce personnage me touche assez. )

"Ca ne suffit pas !  Mais Nola, soit raisonnable " Au premier abord on peut penser que la raison vainc l'amour mais la scène finale nous suggère l'inverse.

"la différence entre l'amour et la luxure" Chris tente de rationnaliser sa passion pour Nola en parlant de luxure mais en vain...

Ainsi avec Match Point naît un nouveau genre...Exit les crimes passionnels, bienvenue les crimes rationnels !

http://www.cahierducinema.com/critiques06/MatchPoint.jpg

"Y en a vraiment qu'ont pas de chance." Déclaration du témoin, la notion de chance ou de hasard est finalement omniprésente. Evidemment, cela sonne amèrement aux oreilles du spectateur, on sait que le crime a été soigneusement prémédité mais l'ironie se retourne plus tard contre le personnage principal, son destin est lié au rebond de l'anneau jeté dans la Tamise ! A la fin, évidemment on a envie qu'il se fasse arrêter (parce que... quand même, celui-là quel beau salop ! ), notre éducation, notre moralité naturelle nous dresse contre le mensonge, il nous est insupportable, on veut que cela cesse. D'autant plus qu'on connaît l'erreur commise, on pense qu'il se fera arrêter à cause de la bague, cela rend la tension d'autant plus forte.

Chris est définitivement seul face à lui-même, face à sa conscience. Quand elle parle et qu'il a des hallucinations ( lorsque ses deux victimes lui apparaissent), il répond "les innocents sont parfois sacrifiés pour de plus grandes causes, vous avez été un dommage collatéral." Il tente encore de rationnaliser la situation mais son esprit n'est pas fait pour supporter une telle pression, il en vient à espérer d'être découvert, à espérer la justice.

"Prépare-toi à payer le prix." Ne pas avoir lancé l'anneau suffisamment loin résonne comme un désir inavoué d'être finalement appréhendé d'ailleurs il dit à sa conscience "Il conviendrait que je sois appréhendé." Il espère que la justice le punira mais ce ne sera pas le cas, ainsi la société mais aussi la vie perdront leur sens et deviendront un vain manège, ou un simple terrain de tennis.

Ne pas être arrêté voilà la pire des défaites, car il devra vivre avec sa culpabilité. La justice n'est pas faite, il a été fort, il le sait et c'est encore pire parce qu'il sait désormais que rien n'a de sens. Cette société, cette vie, il l'a désormais, il la connaît et il en perçoit la vacuité, et c'est trop tard.

Seul face à lui-même il doit vivre éternellement avec la voix de la culpabilité. Il continue toutefois à vivre, comme si rien ne s'était passé mais on devine qu'une partie de lui-même est morte,  il n'est plus qu'un corps bourgeois qui se meut dans un terrain de jeu. Chris semble avoir tué son essence,  son intériorité en assassinant son amante,  il ne reste plus de lui qu'une enveloppe forgée de mensonge.  "N'est-il pas évident ...?" demande-t-il à l'inspecteur de police. Il s'agit donc de juger les apparences, les détails qui frappent notre œil. A force de vivre dans la mimesis il semble donc qu'il ait fait disparaître ce qu'il y avait de plus vivant en lui.

_______________

 

                Chris évolue dans un malaise constant, plus le film avance plus on ressent cette pression interne. Dans son bureau, il fait une crise d'angoisse, il se sent de plus en plus oppressé, véritablement écartelé entre ses projets et son amour pour Nola.  Ainsi pris au piège il développe en quelque sorte une claustrophobie grandissante.

Il ne peut pas dire ce qu'il a sur le cœur, il ne peut agir selon ses désirs, quand il va en ce sens un blocage se produit l'emprisonnant dans sa vie, tout lâcher lui est impossible, d'où la suffocation. Ainsi il ne pourra jamais parler vrai. "As-tu une liaison ?"lui demande Chloe Il répond froidement "Non." L'âme de Chris semble déconnectée de son âme. Rien ne peut changer ce fait, sa vie est conditionnée, tout ce que lui et Nola ont pu envisager ne verra jamais jour.

"Qu'est-ce que je vais devenir ?" Cette phrase dénote de la peur de l'inconnu. "Pourquoi ? Pour vivre comment ? Où ?" Il se sent paralysé dans sa propre vie, il ne peut pas en changer et tout risquer pour une passion, siège de l'irraisonnable.

Ces angoisses sont croissantes, au téléphone il ne peut même plus répondre, aucun son ne sort de sa bouche. Ce film, sa vie semble maintenue dans le terrible étau du destin, il ne peut y échapper quoi qu'il fasse, quoi qu'il pense, c'est terrifiant en fait.

Chris est condamné à s'enfoncer dans le mensonge, jusqu'à commettre un acte irréversible. "tout ça me ronge" Finalement , ce qui terrorisait le plus Chris était ce caractère irréversible, or en commettant un double meurtre il y plonge et se condamne...

­_______________

                Le parallèle est évident entre la vie de Chris et un match de tennis. Le  premier trait remarquable du personnage est son ambition. Il mène sa vie comme un match, ses rencontres sont pour lui semblables à des balles qu'il lance en vue d'un certain but. Même si ça ne lui plaît pas il fait ce qu'il croit nécessaire, comme au cours d'une guerre, c'est ce qu'il montrait par sa déclaration tranchante mentionnant les dégâts collatéraux.

 

"C'est toujours impressionnant de voir comment la vie change selon que la balle passe d'un côté ou de l'autre du filet."

La structure narrative parfaite car la musique et la réalisation ne la portent pas non, elles en sont partie intégrante.  Chaque détail peut donc nous aider à comprendre le film, chaque détail mène au dénouement.

"Celui qui a dit je préfère la chance au talent avait un regard pénétrant sur la vie. Les gens n'osent pas admettre à quel point leur vie dépend de la chance. Ca fait peur de penser que tant de choses échappent à notre contrôle."

"Dans un match de tennis, il y a des instants quand la balle frappe le haut du filet où elle peut soit passer de l'autre côté, soit retomber en arrière. Avec un peu de chance, elle passe et on gagne ou peut-être qu'elle ne passe pas et on perd..."

L'anneau joue le rôle de la balle de tennis. Le scénariste surprend le spectateur, on croyait qu'il perdrait Chris, mais c'est justement lui qui l'innocente. Au début du film, Chris avait déclaré de façon annonciatrice qu'un détail pouvait tout changer. Ainsi sa vie est due au hasard, tombé à l'eau Chris aurait été arrêté mais on comprend que finalement la vie sera un supplice bien pire.

La musique guide aussi la narration, la BO sublime est entièrement composée d'opéra, elle est la seule voix lyrique du film, elle constitue l'âme de Chris mais aussi sa conscience, la dernière image ne présente qu'un regard, un regard vide hanté par un air...

 

_______________

 

                La musique a un autre rôle, elle commente les images, comme du temps des tragédies grecques où le chœur ne pouvait que plaindre des personnages victimes du destin.

On se dit que Chris aurait pu tout quitter, renoncer à la gloire l'argent, laisser l'entreprise, continuer une vie modeste avec ses cours de tennis et vivre avec Nola mais à chaque fois qu'il semble engager sur cette voie une force invisible l'en empêche. "Il le faut." Cette notion de devoir guide le film, Chris s'impose des règles auxquelles il ne peut échapper. Il est pris comme dans un engrenage, il se sent piégé. Après avoir tué Nola, il en vient à espérer d'être découvert, qu'un élément extérieur le traduise en justice mais rien ne se produit. Il est en quelque sorte condamné par son propre destin  à vivre avec sa conscience.  Cette notion est je pense primordiale, on a la sensation que l'histoire ne pouvait se dérouler autrement pour Chris, ce qui nous plonge dans le fatum latin.

Avec Match Point, on sait dès le début que le film s'achèvera sur une note sombre mais l'on ignore comment. C'est inéluctable, on se dirige vers la défaite d'un match sans rien pouvoir y faire. D'ailleurs Chris n'hésite pas, il est bouleversé avant même de tuer Nola mais il ne songe pas une seule seconde à renoncer, c'est ce qui rend le personnage si complexe.

Le personnage principal (Chris Wilton), cite Sophocle : « Ne jamais être né est peut-être le plus grand bienfait ». On sait qu'il ne mourra pas et que la plus grande souffrance pour lui sera la vie, se mouvoir dans une société en laquelle il ne croît pas, profondément injuste, vide, superficielle sans amour et hanté par le remord.

 

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Mon avis :

C'est vraiment difficile de dire si j'aime ce film. C'est un grand film oui, mais dans le fond je le déteste, car il fait froid dans le dos. En fait, je suis soufflée par sa grandeur et je le déteste en même temps, seul Woody Allen pouvait  donner naissance à ce paradoxe. La mise en scène, le casting, le choix de la BO, le scénario forment un ensemble cohérent, Match Point c'est de l'anti-marivaudage, c'est froid, c'est efficace, redoutable, c'est un grand film.

 

 

*Certains s'attendaient au suicide de Chris à la fin du film.  Les dernières minutes l'annoncent peut-être. En effet, un titre de la BO est issu de McBeth, or lady McBeth est un personnage hanté par le remords après le meurtre de Duncan, elle sombre alors dans la folie et finit par se suicider. Mais ceci n'est qu'une spéculation, la fin ouverte possède une puissance remarquable, et ne pouvait selon moi être davantage réussie.

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 21:09

Dimanche dernier, France 4 diffusait The Truman show, un film de Peter Weir sorti en 1998 dont le rôle principal est interprété par Jim Carrey. Je ne connaissais le film que de nom mais Sebmagic et un ami qui se reconnaîtra m'ont incitée à le regarder (rappelons que Sebmagic n'a pas encore rempli sa part du marché consistant à découvrir Ken Loach avec Le Vent se lève...!) Tentons une approche du film en quatre thèmes...

http://www.surfutile.org/images/the.truman.show.jpg

Téléréalité

The Truman show relève d'une quête impossible : accéder pleinement à l'altérité, cerner son essence au lieu de son image.

Les mouvements de caméra, les zoom suggèrent dès le début une émission de télévision,  les téléspectateurs sont dans un bar, dans leur salon ou dans leur baignoire et ils observent de façon malsaine le quotidien d'un homme. Mais d'où vient ce besoin d'observer autrui ?  Pourquoi  Truman est -il le centre d'une telle fascination ? On découvre une volonté de savoir qui est réellement l'autre, le voir en toute sincérité, découvrir une intimité inédite. En effet comment être sûr que nous pensons de la même façon, comment être sûr que l'autre nous est semblable ? Notre comportement en société est un jeu, ainsi Truman salue tous les matins les mêmes personnes sur un ton théâtral. Mais les téléspectateurs sont d'une curiosité maladive concernant son intériorité, c'est pourquoi  la scène où Truman délire dans sa salle de bain est si précieuse. Le ridicule témoigne de sa sincérité, ils sont enfin sûrs d'être semblables à lui puisqu'il se croît seul. C'est le principe du voyeurisme et d'ailleurs le film nous aide à comprendre l'engouement actuel pour la téléréalité, il s'agit à l'origine de voir évoluer des individus dans une certaine spontanéité.  Cela permettrait d'en saisir l'essence et non plus seulement l'image. Mais cela est fondamentalement impossible puisque nous jouons tous un rôle en société.  Le thème me fait penser à Acide sulfurique d'Amélie Nothomb (Le cadre du roman était un camp de concentration qui servait de décor à une émission de télé-réalité) où toutefois l'accent était mis sur la folie des hommes.  Pour véritablement lier les deux œuvres, il aurait fallu que Truman meurt sur le bateau.

http://image.toutlecine.com/photos/t/r/u/truman-show-1998-01-g.jpg

Dieu

The Truman show relève d'une utopie humaine où l'homme pourrait se substituer à Dieu et créer un monde parfait.

Intéressons-nous maintenant au créateur du Truman show. Il s'agit de créer un monde parfait où la pelouse est bien tondue, où les voisins se disent bonjour tous les matins, une petite ville de play-mobile.  Chaque individu est un jouet positionné par le créateur de l'émission, on ne construit plus du rêve à partir de la réalité mais du réel à partir d'une utopie. Ainsi  l'illusion et la vérité se mêlent, le scénariste construit de la vie tel Dieu.

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Tous les clichés de notre représentation d'un être supérieur sont d'ailleurs présents dans le film, de la voix qui surgit du ciel à l'entité omnisciente perchée dans les nuages ou l'univers. (le fond du studio représentait d'ailleurs la lune) On découvre rapidement que ce monde idyllique ne peut être véritable, les serveuses du bar correspondent à un monde bien plus probable. Ce monde parfait est sécurisant mais il n'est pas souhaitable, tout homme doit éprouver du désir pour vivre. Ainsi Truman s'y sent incomplet. Le monde réel comporte bien du mensonge et autres turpitudes mais la figure de Maria se révèle comme une terre promise qui justifie les sacrifices. Pour y accéder il faut accepter la l'obscurité de notre société.

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 L'eau

The Truman show symbolise le passage de l'enfance au monde adulte.

Le symbole de l'eau est omniprésent, on le trouve à chaque fois que Truman tente de s'évader de l'île. Comme c'est le cas des mythes anciens au monde récent, elle constitue un lieu de passage vers un autre monde, un espace intermédiaire entre un univers merveilleux,  imaginaire et un autre plus réel. Il est intéressant de constater qu'on ne perçoit que peu ce dernier, il semble ainsi mis à distance, inatteignable. Tout le long du film la quête de liberté anime Truman, il en a désespérément besoin, les Fidji brillent à l'horizon, elles sont sa raison de vivre. Nous avons tous besoin d'un but, d'une lumière qui nous guide et nous motive. Pour Truman il s'agit de rompre la monotonie, de s'évader du quotidien et de réussir enfin à affronter le changement. La peur l'effraie, le paralyse mais la fin nous délivre une lueur d'espoir. Nous ne sommes pas totalement emprisonnés dans notre vie, il est possible de changer au prix de sacrifices considérables.  Effectivement, il semble que reconstruire passe déjà par la destruction . Lors de l'orage en mer, on pense que Truman est mort, étendu sur son voilier il est mort en quelque sorte. Lorsqu'il se heurte contre les parois de son monde, il réalise qu'il existe un espace plus vaste, que tout ce en quoi il croît était un mensonge.  Tout s'effondre pour se reconstruire sur une autre réalité, cela symbolise le passage de l'enfance à l'adolescence. Truman surmonte ses angoisses, Truman perd sa naïveté,  Truman grandit. Il éprouve son libre arbitre avec la scène du rond-point, il peut choisir, il peut changer d'avis, il peut être irraisonnable, faire des erreurs. En une phrase, il est libre et responsable. Peut-être que sortir de son monde est une erreur mais pour la première fois de sa vie, il fait un choix et l'assume avec brio.

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L'Homme et la réalité

The Truman show, une réflexion profonde sur notre relation au monde.

On distingue également une réflexion sur l'être humain, nous sommes tous égocentriques,  on s'inquiète du moindre signe  d'hostilité, du moindre regard, comme si l'univers s'orchestrait entièrement pour notre vie et nous envoyait des signes. Cela rejoint également une interrogation : comment savoir si nous appartenons à la réalité ? Nous n'avons pas de référent autre que notre propre perception subjective. On ignore si l'autre possède la même vision du monde. D'après Berkeley, on ne peut par exemple pas être sûr qu'une cerise existe car elle n'est présente que par les sensations qu'elle nous procure : goût, aspect, couleur, etc. , notions évidemment dépendantes de notre subjectivité. Il n'existerait donc pas de réalité qui nous soit externe. Ces messages nous sont peut-être envoyés directement par un être supérieur, ils n'attestent donc pas de la réalité d'une chose. Or dans The Truman show, cet être supérieur est le créateur de l'émission, ce personnage trompeur peut faire croire à une certaine réalité.

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Pour terminer, je citerai une des premières phrases du film "Il n'y a rien de faux, tout est réel." Cela induit une réflexion sur le cinéma lui-même. Le producteur de l'émission le dit d'ailleurs à la fin, son monde (le notre) n'est pas si différent. Le mensonge y est autant, voire davantage présent que sur l'île car on ne peut pas accéder à une vérité fondamentale du monde. Dans un sens le cinéma, plus généralement l'art le permettrait davantage que la réalité.

 

Mon avis :

The Truman show est un film bouleversant qui nous apporte une réflexion philosophique sur l'homme teintée de psychologie. Jim Carrey, fantastique entre en harmonie avec la réalisation, les jeux entre son personnage et la caméra donnent forme au thème de fond : les rapports humains. The Truman show est certainement un des meilleurs films des années 90. Mention spéciale pour la BO de Philip Glass, une très grande réussite qui laissera pour toujours en nous une trace de Truman...

 

Je concluerai donc en remerciant Sebmagic car l'essai est on ne peut plus concluant : j'ai adoré The Truman show, que je ne craindrai pas d'appeler chef-d'oeuvre et qui demeurera parmi mes films préférés. (ma découverte de Pulp fiction avait abouti à un avis plus mitigé, en revanche il avait été de son côté ravi par Little Big man, qui sait ... peut-être cette fois le jeu s'inversera-t-il ? )

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:44

Never let me go

Attention : cette critique peut contenir quelques spoilers.

Tout a commencé lorsque je suis allée voir Au delà, la bande-annonce a été diffusée et je me suis sentie attirée par ce film, cette ambiance m'a comme envoutée, j'avais l'impression que la voix de la narratrice m'appelait. Alors, encline à plonger dans l'univers de Never let me go, je me suis empressée de le regarder. Il ne peut répondre à aucune attente, comme s'il venait d'un monde parallèle, anti-occidental, hérité des philospohes stoïcistes mais n'en doutez pas, ce film est une merveille...

 

 

En réalité, après l'avoir vu (et au moment où j'écrit cet article, la BO du film enveloppe la pièce) j'ai eu besoin d'écrire, c'est pour cela que je ne mets pas mon blog à jour  si régulièrement,  ce n'est jamais une contrainte, j'attends d'en ressentir l'envie.

Les dernières paroles de Kathy font penser que nous sommes comme ces enfants, comme ces clones et que nos vies ne sont pas si différentes des leurs. "Peut-être que personne ne comprend réellement ce qu'il a vécu et que personne n'a le sentiment d'avoir eu assez de temps."

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        Les acteurs, les trois sont talentueux, les plus jeunes c'est-à-dire ceux qui interprètent les enfants ont de l'avenir je pense. La ressemblance entre les deux Cathy est marquante, le passage de l'une à l'autre à la sortie de l'internat est d'une fluidité rarement vue. Changer d'acteurs, voir le temps qui passe est d'habitude plus violent, plus abrupte. On arrache le spectateur de l'univers avec lequel il s'était familiarisé pour un autre. Mais ce n'est pas le cas ici, ce qui donne un grand bénéfice à la valeur donnée au temps dans Never let me go. On reconnaît parfaitement les personnages, on peut donc féliciter la mise en scène qui fait glisser les images dans notre esprit. La structure du film est d'ailleurs d'une cohérence remarquable, tout est symétrique car les premières images (des amas de couleurs) sont aussi les dernières, de plus on commence par la fin. Kathy, la narratrice se plonge dans ses souvenirs...La crise de Tommy au début du film se reflète dans la dernière. Les couleurs, les paysages, les bâtiments anglais, chaque détail crée une ambiance mélancolique, profondément triste et poétique.  Faire résonner l'enfance à la vie adulte, et clore le film par la chorale dans l'école nous rappelle que tout est toujours lié au commencement, ce qu'on oublie souvent. Dix ans ont passé mais les trois amis ne se sont jamais oubliés. Tommy dit d'ailleurs que le temps n'a pas passé et si l'on se souvient de ce qui importait le plus pour nous à une certaines époque, de ce que nous étions autrefois alors effectivement le temps n'a pas passé.

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J'admire d'ailleurs ces deux personnages, il possèdent un fatalisme étonnant. Ils font ce qu'ils doivent faire sans se poser de questions, puisqu'ils ne peuvent changer le cours des choses ils doivent les accepter. Cathy est d'un si grand calme et d'une compréhension des autres qu'elle se sent fière à l'idée de donner. Elle n'aura pas de discours sur son statut ou son identité, elle fera ce qui lui semble juste même si ça lui coûte la vie. Elle rejettera les faux espoirs, s'interdira de s'imaginer plus heureuse, elle ne songera jamais à la façon dont les choses auraient pu être. Elle a atteint un degré d'abnégation digne des philospohes stoïcistes qui acceptaient la douleur ou tous les évènements sur lesquels ils ne pouvaient influer. Selon eux, il faut savoir changer ses désirs si on les sait irréalisables afin de ne pas souffrir. Mais Cathy n'oubliera jamais le passé car dans ce film tout a rapport à l'enfance. Je crois que la vie est ainsi, les premiers instants restent gravés à jamais, les premières rencontres. Le petit cheval de Ruth le rappelle, l'homme met ces vérités de côté pour vivre en société mais confronté à la mort imminente comme le sera Ruth il doit les assumer. Ce que nous étions autrefois ne disparaît pas et nous restons les petits enfants que nous étions. On le voit avec Tommy, lui qui semblait s'être épanoui, lui qui avait supporté les opérations,  le petit garçon qu'il était au début est toujours en lui à la fin du film. 

Les paysages, la musique, les regards nous laisse apercevoir une vision poétique du monde, un autre monde qui n'est finalement pas si différent du notre. Never let me go traite de l'intériorité de l'être, de notre rapport à la vie et à la mort. La société est presque absente du film, on l'entrevoit quelques secondes au fast-food, quelques autres devant l'agence de voyage mais tout le reste s'épanouit dans la nature.

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Au début du film, on se situe dans l'enfance mais on n'en profite pas réellement car on attend la suite, on attend le moment où les personnages sortiront de leur espace confiné, de leur cocon. L'enfance est donc assimilée au pensionnat, voire à une prison de laquelle on voudrait sortir.  Mais il ne se passe rien ensuite, "le temps n'a pas passé". On passe notre enfance à attendre l'âge adulte mais on découvre rapidement qu'il ne possède rien de si attrayant. Cette vie et les responsabilités qui en découlent nous mènent à penser aux origines , alors la nostalgie s'empare de notre esprit.  On reconsidère notre quotidien vis-à-vis du commencement. Ce qui compte c'est notre façon de réagir lors des premières années, notre interaction avec les autres, les premiers amours. Rien de ce que l'on peut faire ensuite, une vie mouvementée avec de nombreuses occupations, des nouvelles rencontres ne peuvent changer cela. Kathy dit "Si j'avais su, je ne les aurais pas laisser partir" "Je n'aurais pas imaginé que nous si liés pouvions nous désunir à une telle vitesse."  J'avoue que ses propos m'ont marquée, en fait le changement m'a toujours choquée. Il était pour moi contre-nature, une sorte d'infidélité au passé, un abandon de ce qui avait été.

Il flotte sur ce film une tristesse élégiaque, une mélancolie bucolique qui plonge votre âme dans une douce méditation. Le regard de Kathy est toujours triste, il a quelque chose de douloureusement profond elle semble avoir compris ce qu'était la vie et elle possède une sorte de noblesse. Contrairement à elle, nous nous posons trop de questions, nous nous comparons aux autres alors que ça n'importe pas. Sentir le vent, le soleil, regarder la mer, être en accord avec soi-même et faire ce qui nous semble juste, ce sont les seules choses qui devraient nous animer, d'après ce film. Kathy ne se préoccupe pas de l'opinion des autres quand elle se rapproche de Tommy, rejeté par les autres enfants. Elle n'hésite pas à s'asseoir près de lui en dépit de son statut marginal ou des moqueries dont il est la cible. Sa sagesse, sa philosophie la rendent imperméables à ces mesquineries futiles. Elle possède un regard désintéressé, une vision poétique du monde. On sait d'ailleurs grâce à la galerie, qu'elle a un talent d'artiste.

On peut ainsi considérer le film comme une oeuvre d'art qui réfléchit sur l'art. Un soin tout particulier a été apporté à l'esthétique de l'image, à la qualité de la photographie. Le soleil n'est jamais agressif ou éblouissant, ses rayons nous parviennent adoucis par les nuages. La plage, le souffle de l'air dans la prairie sont apaisants, cela rappelle probablement l'enfance et l'internat.

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Quel autre instrument que le violon aurait pu être choisi pour incarner la voix de l'âme ? De ce film émane une certaine tiédeur alors évidemment on ne monte jamais dans les aigus, on s'unit aux violoncelles aux instants les plus tragiques tandis que le thème principal est mené par un solo au violon. Les airs de la BO ne sont pas trop complexes, des notes simples aux plus pénétrantes elle accompagne discrètement l'image, touchante quand il le faut. La bande-son est essentielle, Never let me go est la chanson que Tommy a offerte à Cathy.

Si vous aimez l'action, les éclats, le tumulte de la société et que vous détestez la modération il est inutile de regarder ce film. C'est loin d'être de la science-fiction , c'est davantage un moyen de réfléchir à notre humanité, à notre existence, ce qu'elle devrait toujours permettre. On pourrait s'intéresser aux détails pratiques de l'histoire, mais je ne crois pas que ce soit son but. Je me suis bien sûr demandée comment on pouvait survivre après avoir donné deux organes vitaux mais je crois que l'aspect symbolique est essentiel. La société extérieure, celle qu'on ne voit pas pompe notre énergie vitale, elle nous absorbe dans son tourbillon. Elle peut nous casser moralement ce qui transparaît physiquement chez Ruth, affaiblie qui  doit utiliser un déambulateur pour marcher. Il s'agit d'un film profondément humain où chaque parole compte, Ruth et Tommy sont des personnages brisés en mal de vivre,  je suis toujours captivée par ces individus blessés. La scène où il demande à Kathy de s'arrêter dans les bois est déchirante, les personnages  expriment peu leurs émotions alors ça la rend encore plus forte.

Pour conclure j'utiliserai une citation, certes trop employée mais qui ne peut-être plus vraie qu'ici : "Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone".

Ce film, c'est l'automne. La question m'a été posée sur Formspring et elle prend tout son sens avec lui, je préfère les mi-saisons aux autres.  Ce film je crois qu'en un certain sens je l'attendais depuis longtemps et c'est pour cela que sa bande-annonce m'a autant attirée. Il y a un peu plus d'un an j'ai vu Twilight avec une amie, j'y étais réticente mais finalement son atmosphère ne m'avait pas déplue parce que c'était l'automne. Ce n'était pas le film que j'aimais (vous vous en doutez bien) mais je ressentais en moi une sensibilité particulière pour cette saison. Le film que je rêvais de voir, que j'attendais, c'était  Never let me go.

A lire : Vous trouverez une excellente analyse sur cineaddict

http://pechonjr.files.wordpress.com/2011/01/never-let-me-go-4-6e05f.jpg

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:49

Ce film est considéré comme l'un des meilleurs du cinéma américain et il possède de nombreux adeptes comme par exemple Sebmagic qui tient le site Vol au dessus du septième art. Vous trouverez sa critique ici. Mais j'avoue que je n'ai jamais été spécialement attirée par Tarantino, c'est pourquoi je n'ai jamais saisi l'occasion de regarder Pulp fiction mais je suis heureuse de l'avoir découvert aujourd'hui et d'avoir parfait ma culture cinématographique. Donc merci à Sebmagic !

Maintenant, je vais vous faire part de mes remarques ou impressions au fur et à mesure du visionnage. Etant donné la structure narrative du film il aurait été difficile de fournir un propos structuré, il s'agira donc d'idées qui me sont venues à l'esprit en temps réel !

La première image que l'on aperçoit est la définition de pulp [1) la texture, la masse de matière 2) magazines bons-marchés qui publient des fictions] sur bruits ambiants, oiseaux, circulation, discussions qui prennent de l'ampleur. On commence donc par le son, l'image vient seulement ensuite. C'est astucieux, le ton est donné d'entrée : ce film sera original et décalé !

Deux individus discutent à propos de l'art du braquage. Ils sont instables,  nerveux dépendants au café. Après avoir longuement discuté ils agissent d'ailleurs rapidement sous l'impulsion.

http://1.bp.blogspot.com/--o3MAjKYBl8/TerT4DKM6eI/AAAAAAAAAp4/9V1lA-1XwQE/s1600/pulp-fiction-1994-22-g.jpg

Il s'agit de montrer le décalage entre la violence, l'agressivité dont sont capables ces criminels et leur humanité lorsqu'il discutent à propos de sujets plus ou moins dérisoires. Par exemple lorsque Jules et Vincent parlent de séries TV, cela prête à sourire.

D'ailleurs je soutiens Vincent :  masser les pieds, ce n'est pas rien !

Pour ces gangsters c'est un métier comme un autre, c'est un rôle à jouer.

Jules cite la Bible et combat donc le malin !

Cela me fait penser à une interview de Robert Kneper sur l'interprétation de méchants. L'acteur qui s'est principalement fait remarquer pour ses rôles de criminels dans Prison Break (T-Bag) ou Heroes (interview écrite + une vidéo ) dit qu'un méchant a des motivations en lesquelles il croit, il ne fait pas les mêmes choix que nous mais il est tout autant humain, il doit être complexe et ambigu pour susciter l'intérêt. C'est le cas avec ces deux gorilles qui ont leur propre morale et pensent être dans leur bon droit.

On accorde beaucoup d'importance au regard, souvent le cas dans les bons films. Il s'agit de regarder en face, un thème récurrent (qui jalonne le film)

Marsellus, le grand chef reste longtemps invisible : on l'aperçoit de dos après 20 minutes. Sa présence en est donc d'autant plus forte, ce personnage effraie, il possède un charisme impressionnant.

Tous les aspects de la criminalité sont passés en revue : drogue, braquages, meurtres... C'est un vrai film de gangsters !

Evocation de la cuisson dans le bar rock'n roll : carbonisée ou sanguinolente.  Ca résume tout l'excès des personnages, leur violence.

Pulp fiction est brille par son réalisme grâce aux  plans subjectifs ou aux dialogues qui n'hésitent pas à aborder longuement des thèmes de la vie quotidienne : les hamburgers ou à s'éclipser au profit de silences gênants.

Pour l'instant ma scène préférée c'est la danse au restaurant rétro.

http://moon.allmyblog.com/images/moon/1_20090603_143837.jpg

Avec la musique, les hamburgers, Marylin, les coupes de cheveux c'est un vrai voyage dans le temps, vers une vieille Amérique.

Autre thème : les promesse non tenues, d'actualité en ce mois de janvier avec toutes les stupides résolutions ! C'était la toute première discussion du film, on retrouve ce motif avec Vincent qui se convainc de partir. (on ignorera s'ils prendront finalement leur retraite, qu'il s'agisse de Vincent ou du petit braqueur, Tarantino a décidé de laisser planer beaucoup de mystère sur Pulp fiction)

En fait dans ce film il s'agit toujours de mensonge et de jouer un rôle, c'est peut-être une métaphore du cinéma. Les références sont si nombreuses qu'il s'agisse de Grease ou d'autres films.

"la loyauté c'est très important"  Vincent 50' Il existe bien un code du malfrat, du gangster c'est récurrent dans ce genre de films.

Je savais bien que l'acteur jouant Lance me disait quelque chose : Eric Stoltz a interprété M. Dimitri dans Once & again, une série familiale. Un rôle bien différent puisqu'il était un professeur de littérature passionné.  (et passionnant)

La structure narrative est vraiment surprenante. On ne peut la comprendre qu'à la fin en raison des flashforwards.

C'est étrange parce que les deux malabars ont tué 3 personnes sans ciller mais la réaction de l'un face au miracle divin le rend presque sympathique. Ensuite il panique à cause d'une serviette tâchée de sang, c'est qu'il est très soigneux notre criminel !

"moi j'ai les yeux grand ouverts" Encore le motif du regard, du courage.

La scène où Jules et Vincent nettoient la voiture me fait penser à la série Breaking bad, lorsqu'ils doivent faire disparaître un corps.

http://3.bp.blogspot.com/-nIkGs99cFDU/Tl1OW6ZQ_rI/AAAAAAAAFRE/GH737Xv9-2o/s1600/Pulp%2BFiction.jpg

A la 130ème minute on rejoint enfin les premiers personnages apparus. Jules veut protéger les faibles. 

Et la fin ah quand même je l'adore ! Le film m'a paru très décalé mais jamaisdrôle, seule ces dernières minutes m'ont fait rire. La synchronisation des deux acteurs, leur tenue, leur naturel en regardant les clients du coffee shop...décalé, bien réalisé et très amusant.

CONCLUSION

La réalisation du film, le scénario sont très bons, il est très intéressant de l'étudier néanmoins il ne s'agit pas vraiment du cinéma qui m'attire. En tant que sériphile j'éprouve probablement le besoin de m'attacher aux personnages et ça ne prend pas avec Pulp fiction. Mais je reconnais le talent délirant de Tarantino. Le film ne juge pas les personnages et demeure un mystère à bien des sujets, ce qui est appréciable mais je ne le qualifierai pas de chef d'oeuvre. Son but est d'être délirant, impressionant (surtout côté réalisation), les techniques narratives sont innovantes mais je ne le trouve pas véritablement profond.  Rien ne ressort de ce film, tout est dérisoire, on n'a donc pas à s'intéresser vraiment aux personnages, malgré le réalisme du film on n'oublie jamais que c'est une fiction. (mais c'est volontaire) Chaque élément nous dit que la technique cinématographique est maîtrisée, c'est un prétexte à exceller  dans  ce domaine c'est probablement le film qui démontre le mieux l'art de Tarantino mais je ne dois pas être suffisamment cinéphile pour l'apprécier. Je le vois donc comme une célébration du cinéma américain par l'un de ses surdoués, cela apparaît même dans le casting notamment avec Travolta. Je regarde peu de films de gangsters mais le Parrain m'a laissée un souvenir impérissable, bien plus profond. Je pense que la psychologie y tenait une place plus importante et il ne faut pas oublier qu'il possède aussi des scènes d'anthologie considérées comme les meilleures du cinéma américain. En fait, il me manque une petite étincelle pour apprécier ce film qui n'appartient déjà pas à mon registre habituel mais en le voyant j'ai pensé qu'il représentait à merveille le septième art américain. Les Etats-Unis sont donc le pays de la pulp fiction !

Et un extrait pour terminer :

 

 


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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 16:02

"L'étranger en moi" (titre original : Das Fremde in mir, d'Emily Atef) a été diffusé hier soir sur Arte, et je ne saurais vraiment pas mieux le résumer qu'eux alors je vais utliser un très rare et honteux procédé : le copié/collé !

 

Le résumé d'Arte :

"Rebecca et Julian attendent leur premier enfant et se réjouissent à l’idée d’accueillir ce bébé. Mais les sentiments de la jeune femme changent du tout au tout après la naissance de Lukas. Paniquée et impuissante, elle s’aperçoit qu’elle ne ressent rien pour lui. Personne autour d’elle ne semble s’en rendre compte. Elle n’ose pas en parler par honte de ne pas être une mère exemplaire. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi considère-t-elle son propre fils comme un étranger ? Ce mal-être indicible la ronge petit à petit, sans qu’elle parvienne à trouver une solution. Dans un moment d’égarement, elle oublie son petit à un arrêt de tramway. Ses proches prennent alors conscience de son état, mais ils ne le tolèrent pas. Convaincue qu’elle représente un danger pour Lukas, Rebecca suit alors une thérapie pour créer ce lien mère-enfant qui lui fait défaut. Une rééducation lente et complexe, rendue difficile par les doutes et l’incompréhension de son entourage…

Un film émouvant sur un sujet encore tabou, celui de la dépression postnatale."

 

 

Le film laisse parfaitement transparaître les sentiments de Rebecca ou plus exactement son absence d'émotions. La musique est presque inexistante, on observe le monde d'un regard froid et les émotions réapparaissent seulement à la dernière minute. Ce film fait preuve d'une grande cohérence et d'une qualité cinématographique mais il se révèle également utile puisqu'il nous en apprend beaucoup à propos d'une maladie peu connue, souvent ignorée : la dépression post-natale.

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La jeune femme est rejetée par son mari, sa belle-soeur et son beau-père car elle est incomprise et on l'estime dangereuse pour son enfant Lukas. Effectivement la réaction de la plupart des gens devant un bébé est la tendresse, "oh comme il sent bon, comme il est petit mignon...", son entourage immédiat la voit comme un monstre. Et enfermée dans son mutisme c'est précisément ce qu'elle ressent et c'est pourquoi elle fait une tentative de suicide.

http://3.bp.blogspot.com/_iJMlXEBIWXA/Sfr5d6RDA6I/AAAAAAAAGsg/1PlBVmb9dkw/s400/foto-04.jpg

Rebecca rejette son mari, elle ne veut pas le voir et on constate que la distance se creuse entre eux. C'est seulement à la fin que l'on constatera que l'amour n'avait jamais disparu mais que chacun se sentait coupable. Ainsi Julian pense que Rebecca le rend responsable de ce qui est arrivé, il regrette de n'avoir pas réalisé que sa femme allait si mal. Rebecca quant à elle croît qu'il la hait pour avoir mis en danger leur fils. Ainsi cette cicatrice qui les sépare ne se verra refermée qu'à la toute fin du film. Entre temps la jeune femme se reconstruit auprès de sa mère, c'est elle qu'elle demande après sa tentative de suicide. Cela paraît étrange que le rejet de sa propre maternité la dirige vers sa mère mais illustre un retour aux sources, à ce qui était avant que l'enfant ne naisse. Il s'agit ici de refuser tout ce qui nous est étranger, toute l'altérité. Et Julian rentre dans la société en venant au monde, il se différencie d'elle en naissant et devient un objet d'altérité. Il l'effraie et elle ne ressent rien pour lui, pas d'affection particulière, seulement une grande fatigue. On sait désormais que cette instabilité émotionnelle est dûe à des problèmes hormonaux, un déséquilibre post-natal mais peu de personnes l'admettent et le comprennent. La soeur de Julian, un personnage relativement antipathique voudrait dont oublier Rebecca et devenir une mère de substitution au bébé. C'est pourquoi lors des visites elle prend bien soin de caliner le bébé, par des gestes tendres elle s'affiche en figure maternelle et montre à Rebecca qu'elle ne peut assumer ce statut, elle affiche donc toutes leur différences. Il s'agit bien là de faire culpabiliser la mère, un point de vue que seul le psychologue peut effacer. Pour protéger son enfant elle a préféré tenter de se suicider donc elle n'est pas un monstre. Les séances de thérapie avec une psychomotricienne font penser à une renaissance. Les liens avec le bébé, un corps étranger ne sont pas apparus dès l'accouchement, ils font donc construite une relation peu à peu. La bande sonore, légère laisse entendre quelques sons, des oiseaux, le souffle de l'air. Dans un univers serein, sans aucun stress ou figure culpabilisatrice, Rebecca peut alors mettre au monde une deuxième fois son enfant. Celui-ci très nerveux ne pourra grandir que si sa mère va mieux.

Ce film nous montre donc que le sens maternel n'est pas toujours inné même si l'enfant a toujours un lien fort avec ses parents. Il faut savoir construire une relation, il n'existe pas de parcours type contrairement à ce que la société moralisatrice pourrait faire croire.

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On note également au passage l'opposition des deux cliniques : la première très médicalisée, plutôt lugubre et la seconde plus apaisante choisie par la mère de Rebecca. Le bienfait d'un soutien psychologique et d'une atmosphère apaisante sont mises en avant. On comprend quand la jeune femme ferme les yeux au soleil que ce cadre lui convient, sa mère très perspicace le saisit aussi et sourit. Il fallait enfin pour que Rebecca se contruise qu'elle soit éloignée de la famille de Julian, ainsi elle pouvait retrouver confiance en elle sans subir le regard accusateur des autres. (celui-ci subtilement dispersé dans le film, notamment lorsqu'elle oublie la poussette, un passage humiliant où elle doit prouver sa maternité ou bien lorsqu'elle est la proie de commentaires désobligeants quant à l'atelier qu'elle va louer, devenu sale et désordonné)

Sa confiance en elle, Rebecca la retrouve en se promenant seule avec Lukas mais la confiance de Julian sera reconcquise plus tard, quand chacun sera sorti de son mutisme. Lors des dernières minutes on les retrouve enfin en tant qu'époux et non plus dans leurs rôles parentaux. Chacun a retrouvé son identité et peut, au prix d'un travail personnel et de lourdes remises en question envisager un avenir familial. Par le symbole d'une étreinte, le film s'achève sur une belle note d'espoir. Ce cinéma allemand, très psychologique me plaît bien, il a trouvé son identité au coeur de villes écologiques et calmes, il a choisi des thèmes délicats peu abordés, des acteurs excellents. Bref ce cinéma, c'est avant tout un regard intelligent sur le monde, teinté de tolérance, de simplicité et de sensibilité.

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 23:18

Après des centaines de demandes, je m'incline... Voici donc La jeune fille à la perle vue par le veilleur.

On m'a appris, il y a quelques temps qu'il fallait observer intensément les premières minutes d'un film, parce qu'en général elles comportaient la suite en elle. Comme au théâtre, ces premières scènes ont donc une fonction programmative. Que peut-on observer au début ? Gagnera -t-on en affirmant qu'on peut tout deviner dans les cinq premières minutes ? Et bien si on prolonge à 6 minutes, ça pourrait marcher !

 

Le début du film :

 

Un geste minutieux, mécanique d'une main épluchant des légumes. Serait-ce provenant d'un esprit délicat et sensible l'anticipation de la peinture ? L'héroïne n'a pas besoin d'un pinceau, elle est déjà prédisposée à voir le monde d'un regard particulier, désintéressé et contemplatif. Ainsi faire la cuisine n'est plus une corvée ou une activité des plus triviales, cela correspond, par sa main à une action créative et artistique. Evidemment, on remarque, l'apparition des couleurs avec les oignons, les carottes et les betteraves ou choux. On distingue l'activité de loin, à travers un intelligent jeu de clair-obscur (qu'il aurait été décevant de ne pas mettre en valeur dans un film dont le sujet est la peinture) Enfin, nous distinguons le visage de Griet qui vérifie nos suppositions. Elle dispose avec soin les aliments, comme elle saura le faire pour la chaise devant la fenêtre. Ce personnage a un profond besoin d'harmonie, les objets qui l'entourent, ses paroles ou ses gestes doivent tous être mesurés et en accord avec l'ensemble.

 

Les lumières sur la ville hollandaise, cette extraordinaire capacité que le soleil a de se rendre présent malgré les nuages est plutôt bien rendue. On comprend pourquoi les peintres hollandais étaient fascinés par la lumière.

 

Il manque encore, me direz-vous le désir non-exprimé entre le peintre et la jeune fille. Et bien je crois que l'atelier le symbolise. Cette pièce est interdite, inaccessible, fabuleuse. Elle effraie mais elle attire aussi. Personne ne sait ce qui s'y passe, on devine seulement que dans cet espace un autre monde prend vie, un monde que la famille de Vermeer ou les autres servantes ne pourront jamais comprendre. On pourrait généraliser cela à l'atelier du poète, l'atelier de l'écrivain, du scénariste ou du compositeur de musique.  Ce cabinet des merveilles arrive donc à la sixième minute, tous les élements principaux du film sont mis en place. CQFD !!!!

 

Quelques thèmes ou remarques par-ci par-là...

 

Musique et silence :

 

La musique (très joliment composée par Alexandre Desplat) n'en fait pas trop, elle sait se faire discrète et se garde bien de dépasser son rôle : l'accompagnement de l'image. Un juste dosage avec le silence, c'est réussi, c'est une qualité que j'apprécie tout particulièrement.

 

Le regard

 

J'adore le regard de Scarlet Johansson, elle fait passer l'émerveillement devant les toiles, des yeux sincères qui contemplent éblouis d'admiration...

Griet a toujours un regard fuyant, elle a toujours peur que ses yeux en rencontrent d'autres mais quand elle observe la nature ou un tableau, elle s'y immerge totalement, sans aucune limite. A cet instant, on peut apercevoir soin âme. C'est probablement pour cela qu'elle préfère garder une distance avec les humains. 

 

La symbolique des cheveux  :

Ils sont toujours dissimulés, elle ne les montrera pas au boûcher, seul Vermeer les verra. Sur le plan historique le cheveu représente la féminité mais surtout l'intimité, c'est ce qui nous intéresse ici. D'ailleurs Griet reste distante du petit boûcher, la servante croît qu'elle pense à lui mais en réalité elle observe les nuages, tente d'en comprendre le mystère. Elle se sent de plus en plus étrangère à ce monde contingent, comme si elle en était spectatrice. C'est pourquoi elle ne saute pas de joie quand son amant lui propose un travail. Rien ne peut plus être comme avant pour elle, elle voit le monde d'un regard si différent des autres. Griet se méfie d'autrui, elle évite les contacts trop personnels, c'est pourquoi deux mains qui se touchent sont si exceptionnelles. Ca prête à sourire parce que ça semble dépassé dans notre société, deux mains qui se frôlent, c'est drôlement torride !! Mais cela révèle beaucoup sur les rapports humains et sur la personnalité de Griet, elle a compris que chaque détail était important en société, qu'il fallait mesurer chaque geste et qu'on ne devait pas en écarter la symbolique. Cette sensibilité constitue l'intelligence du personnage.

  

  

 

La lumière

 

Le film a misé sur la lenteur, ça correspond au sujet alors ce n'est pas forcément une mauvaise chose. (au contraire, ça fait du bien parfois de prendre le temps pour observer sans aucun but ou arrière-pensée. On est tellement habitué à voir défiler les images à la TV ou sur internet qu'on ne prend plus le temps. Voilà pourquoi ce tableau ne m'avait pas encore marquée...) J'ai apprécié le traitement des images (et le silence bien sûr, parce qu'en fait c'est une musique, le silence), des couleurs et de la lumière mais ils auraient pu faire encore mieux en effet l'histoire est recentrée sur la relation de Griet et du peintre. Il a donc été choisi de représenter un court laps de temps. Peut-être les saisons et le soleil auraient pu être encore mieux exploités. (bien qu'après avoir vu le film une deuxième fois j'ai trouvé des subtilités qui ne m'étaient pas apparues)

 

L'hiver : il s'impose peu à peu et devient le cadre de la passion réprimée, interdite. (passion pour la peinture qui se confond sans qu'on puisse en faire la différence avec le désir entre Griet et Vermeer)

 

 

La société :

-La vilaine fille de Vermeer joue le rôle du losangier qu'on trouve dans les contes du Moyen-Age, en gros le vilain nain qui passe son temps à espionner et à mettre des bâtons dans les roues du héros !

 

- L'opposition de la société aux valeurs artistiques à travers deux personnages : la femme de Vermeer (quelle condescendance, il est vraiment très facile de la détester !) et Griet.

 

Contingence du monde face à la simplicité, la beauté extrême de la nature, qui nous fascine.

 

- Le personnage de la grand-mère : à mon sens elle peut comprendre l'art, bien plus que sa fille mais elle représente la vision cynique du monde, tout doit être rentable, on doit avoir une bonne situation en société, gagner de l'argent.  Les moeurs de l'époque.

 

- Assez ironique la bonne qui s'attriste parce que les voisins sont ruinés. En tant que servante, elle pourrait se détacher de ces problèmes, d'autant plus qu'elle s'inquiète pour l'humeur de Madame... Mais l'attachement qu'ont les petites gens pour la bonne société et leurs maîtres est solidement enracinée. On n'est encore qu'au XVII ème siècle...

 

Vermeer : J'ai beaucoup parlé du personnage de Griet mais peu de Vermeer, il est intrigant, peut-être même effrayant à être toujours tapi dans l'ombre. Ce personnage est complexe et difficile à cerner. Il navigue entre les mondes, il n'aime pas sa femme mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il continue à honorer son mariage ! Il est captivé par Griet mais on nous rappelle l'histoire sordide de son ancien modèle. Quelle vision de l'artiste nous propose le film ? Artiste incompris qui n'a pas sa place dans le monde, homme faible qui ne sait imposer sa propre volonté et qui cède aux caprices de sa femme ou pervers obnubilé par les jeunes servantes qu'il impressionne et utilise comme modèles... La question reste ouverte, je crois que chacun peut se faire sa propre idée. En gardant bien sûr à l'esprit que ça ne représente que le Vermeer fictif, celui réinventé par le livre ou le film...

Mais peu importe parce que ce désir partagé par le peintre et la jeune fille, en dehors des sentiments amoureux est avant tout une passion commune pour la peinture. La boîte noire les émerveille tous les deux de la même façon. Ca nous montre que pour être artiste il ne faut pas nécéssairement peindre, être artiste c'est avoir une vision du monde, un regard désintéressé, naïf peut-être. Ainsi, Griet est une artiste, et Vermeer en a conscience. C'est cette compréhension mutuelle  qui rend leur relation touchante, elle est le moteur du film.

 

la jeune fille à la perle-film

 

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 18:28

Certaines maisons, comme dans Twilight sont simplement jolies, marque d'une architecture originale. Servent-elles réellement le film ? Pas nécessairement, leur potentiel n'est pas suffisamment exploité. Pour cela, Hitchcock apparaît comme un maître suprême, les poignées de porte, les escaliers ou les caves participent à l'atmosphère inquiétante, ces éléments prennent vie et deviennent un personnage à part entière. Dans The lake House, la maison a une âme, elle constitue une passerelle vers le merveilleux. Ca s'inscrit dans le cadre d'une tradition celtique ou médiévale selon laquelle l'eau est un intermédiaire entre le réel et le magique. En général, cela permet aux âmes soeurs de se trouver, ainsi l'amour peut naître. (et c'est avec surprise que je découvre chaque jour combien notre société s'inspire de ces anciens mythes mais c'est une autre histoire...)

 

 

The lake house : la maison sur le lac dans Entre deux rives

 

Elle a été construite spécialement pour le film à Maple Lake près de Chicago. Elle a été détruite après le film malgré les demandes de Sandra Bullock pour la garder. L'architecte Nathan Crowley a collaboré avec des ingénieurs pour la construire. Ils l'ont construite près du lac, sur la terre sèche, et ont ensuite dirigé l'eau vers ses piliers.

 

Dans cet endroit les personnages peuvent s'ouvrir totalement au monde, comme le montre l'absence de murs en béton.

 

Maison de Jennifer et Oliver dans Love story :

 

 (119 Oxford Street, Cambridge)

 

Hitchcock :

 

Psycho : Century West BMW, Lankershim Boulevard, Los Angeles

 

Shadow Of A Doubt :  ‘the Newton family home: 904 McDonald Avenue, Santa Rosa

 

The Hoke house : la maison des Cullen dans Twilight. Elle appartient en réalité à un cadre de Nike et a été construite par un cabinet d'architecture : Skylab Architecture

 

 

 

 

 

Plus de photos

 

 

La maison de Norman Osborne dans Spiderman (Greystone Mansion, Beverly Hills, Los Angeles)

 

 

 

La maison est ouverte au public, d'après mes sources elle a aussi servi pour le film le Prestige.

 

Elargissons notre sujet aux séries télévisées et à leurs maisons insolites.

 

Highlander et sa péniche, le manoir des Luthor dans Smallville, la maison des soeurs Halliwell dans Charmed...


le manoir de charmed des soeurs Halliwell : Dans la réalité... [auFeminin.com]

 

 

 

Université Royal Roads au Canada : Le domaine, nommé Hatley Park, et ses bâtiments ont été le site de tournage de plusieurs production télévisuelles, dont Smallville (manoir Luthor) et les deuxième et troisième films X-Men : X-Men 2 et X-Men l'affrontement final (l'école du professeur Xavier pour les jeunes doués).

Pour Smallville je pense également à l'appartement d'Oliver Queen ou bien entendu au cadeau de Jimmy à Chloé, la tour de contrôle...

 

Au risque de transformer la suite en "les châteaux au cinéma", je vous propose la maison de Viola dans Shakespeare in Love :

 

 

 

En réalité : Broughton Castle, Banbury, Oxfordshire

 

 

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