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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:23

Parlons un peu de Bones aujourd'hui, de ce que j'aime dans cette série ou ce que trouve moins réussi.

Les premiers épisodes m'avaient donné l'impression d'une série policière sympathique mais ce n'était clairement pas un coup de foudre, le genre de série dont je pouvais manquer plusieurs épisodes. Mais j'ai suivi les diffusions de M6 et j'ai trouvé qu'elle s'approfondissait, lentement mais sûrement elle a gagné ses galons.

L'aspect anthropologique me plaisait beaucoup même si je trouve que la série s'éloigne désormais trop des os au profit des corps en décomposition. Pourquoi est-ce gênant ? Les dernières saisons misent sur ce point, cela devient même un motif de dérision, les personnages affichent une attitude plutôt détachée par rapport aux substances corporelles, ainsi le sérieux de la série, voire son réalisme en sont atteints. Elle a en effet connu un tournant avec l'arrivée de différents assistants dans l'équipe (Nigel Murray et cie) j'avais trouvé ce nouvel élan positif mais désormais la joyeuse bande me gêne un peu. La série est devenue un classique du cop-show et peut jouer avec le spectateur, on connaît les manies de chaque scientifique, les rituels du couple Booth/Brennan et chaque épisode semble célébrer ce joyeux petit univers, ce qui m'amène à penser qu'elle doit bientôt s'arrêter. J'aimerais encore une saison, sept me semblerait convenable mais plus serait excessif. Bien sûr, je serai triste à l'idée de quitter nos chères fouines je pense que le moment approche.

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Mais revenons sur les aspects positifs de Bones. Eh bien la réponse va être simple puiqu'il s'agit justement de Temperance Brennan alias Bones ! Ce personnage associal, direct, sincère, honnête, cartésien, mais sensible me plaît beaucoup. Son intérêt ne réside donc pas seulement dans la relation qu'elle entretient avec son partenaire mais dans sa relation au monde. Bones le découvre peu à peu, elle doit faire des compromis sans sacrifier ses principes, ses valeurs personnelles. Cette évolution désormais stabilisée a été très bien menée.

Venons-en à l'atout majeur de la série : la relation entre Seeley et Temperance. Leur complicité, est au coeur de la série, les voir ensemble en signerait probablement la fin mais combien de temps cela peut-il encore durer?

 

Le centième épisode est entièrement consacré à cette question. La mise en scène est parfaite, on aurait presque l'impression que les flash back ont été tournés avant le pilote de la série... Il est perturbant de découvrir que les théories de Sweets s'effondrent, Hart Hanson nous montre qu'il mène le jeu, il dirige totalement le spectateur, il peut aisément briser nos illusions pour mieux les rebâtir ! J'avais un peu peur à l'idée qu'on nous enlève ce qu'on croyait acquis : la rencontre de Booth et Brennan mais la dernière scène est autant émouvante que réussie. (ce qui sera confirmé les épisodes suivants) Il faudra donc arrêter la série avant qu'elle ne perde en intensité, que ses dynamiques ne s'essouflent. Bref, au moment idéal...

http://bloodyselena.files.wordpress.com/2009/04/9.jpg

Dans la dernière saison, la relation Booth/Brennan s'inverse, il était amoureux d'elle, Temperance s'en est aperçue tardivement, elle l'a ignoré puis repoussé. Cette relation l'effrayait car elle ne se sentait pas prête à s'engager. Après le saut dans le temps d'un an il revient avec une jeune journaliste, Brennan sympathise avec elle, et semble heureuse pour son partenaire. Notre anthropologue est plus calme qu'avant, plus sereine puisque son passé n'est plus une ombre mais elle paraît également assez seule. Elle n' avait pas encore conscience, la saison précédente de son propre changement mais elle comprend la notion de famille, elle serait en mesure d'avoir une relation stable. Ainsi c'est à elle d'être en position d'observation (ou d'attente ?) et non plus à Booth qui a décidé de prendre son destin en main.

-Edit : Je n'ai pas encore vu l'intégralité de la saison mais l'épisode le plus marquant restera sans doute le neuvième. Le point pivot pour Brennan. "Mon univers entier vient de basculer mais j'arriverai à m'adapter." Un épisode bouleversant.

Brennan est triste, le vigile lui dit que c'est tellement mieux que d'être morte. Brennan a tant souffert qu'elle se protégeait avec une froide carapace, ainsi elle ne ressentait plus rien, une anesthésie de l'esprit ou des émotions. Cet épisode se consacre à son douloureux changement. On découvre pour la première fois Temperance en toute sincérité. Cet épisode correspond parfaitement à l'évolution du personnage à travers les saisons. Il me rappelle pourquoi j'aime la série et me permet donc de nuancer le reste de la chronique.

Le vigile est fascinant, on peut même se demander s'il est réel ou bien issu de l'esprit de Bones, on se souvient de Booth ayant vu en apparition un jeune soldat mort au combat... Bref ce vigile (interprété par Enroco Colantoni, qui jouait le papa de Veronica Mars) apparaît comme un guide.

 

Mais faisons rapidement le tour des autres personnages...

Une série s'attache beaucoup à la subjectivité, ainsi chaque téléspectateur peut nouer une relation avec certains personnages, les apprécier ou les détester. Personnellement, je n'ai jamais beaucoup aimé Camille. Son sourire a tendance à m'irriter mais ce n'est qu'un point de vue personnel, son prédécesseur avait quitté l'institut pour retourner à ses premiers amours : l'archéologie qu'on ne perd jamais totalement de vue. Oui, Bones est partie pendant un an pour se consacrer à la recherche, c'était un point positif ! De même Booth avait décidé de retourner dans l'armée, une idée que j'avais trouvé excellente. Dans la cinquième saison on revisitait les débuts de la série, débuts qui voyaient un statu quo bouleversé, des personnes qui n'étaient pas censées travailler ensemble apprennent à colaborer : des scientifiques, le FBI, une artiste. On dirait en sciences que les personnages sont revenus pendant un an à leur état initial mais il est évident qu'ils ne sont plus les mêmes, que les évènements qu'ils ont vécu les ont changés et ils vont le réaliser en rentrant à Jefferson. Fermons cette petite parenthèse pour revenir aux autres personnages ! Zack a quitté la série de façon marquante, devenu l'assistant d'un tueur en série cannibale il a été arrêté et dirigé dans un asile psychiatrique, il est étrange qu'on n'en reparle jamais, cette intrigue avait structuré de nombreux épisodes, une fois utilisée elle a été jetée et notre petit Zack oublié ! J'espère qu'on le retrouvera ne serait-ce qu'une fois...Son équivalent actuel est Nigel Murray mais cette encyclopédie vivante est plus ouverte sur le monde que Zachary.  Clark Edison est arrogant, insupportable, ce genre de personnage est souvent utile aux séries.

Angela est l'âme de l'équipe, c'est la seule non-scientifique, elle permet de ne jamais oublier l'aspect humain des affaires criminelles. Cette artiste, a elle aussi trouvé sa place dans l'équipe. Sa relation avec Hodgins, le "roi du labo" est très touchante, on aime beaucoup ce couple.

http://bones.edogo.com/wp-content/uploads/2008/08/hodgela.jpg

Je n'ai pas parlé de tous les personnages mais je vais quand même terminer avec le Dr Sweets alias "Lancelot". J'ai été ravie de son arrivée dans l'équipe, un psychologue était nécessaire. Le personnage est drôle, c'est vrai mais aussi assez intrigant. Il passe beaucoup de temps à essayer de comprendre les autres mais il parle finalement peu de lui. Quand Booth a tenté de retourner les rôles patient/docteur, ce fut un échec mais on sait que Sweets a passé son enfance dans des familles d'accueil. C'est un de mes personnages secondaires préférés, c'est pourquoi j'aurais aimé le voir plus longtemps seul, sans Daisy. Leur duo apporte de la fraîcheur à la série, c'est un élément comique, c'est certain mais on aurait pu s'en passer au moins une saison. Sweets mérite mieux que ce rôle, le personnage pourrait être davantage approfondi au cours d'intrigues feuilletonnantes ou non. C'est d'ailleurs ce qu'il manque à cette sixième saison, on n'a pas vraiment d'arc narratif à part la relation de Booth et la journaliste. Cela pourrait être l'occasion de s'intéresser à Sweets, ce qui n'est pour l'instant pas le cas, sauf lorsqu'il s'agit d'un prétexte pour apporter une note d'humour, c'est une déception pour moi.  Devant le succès, la série risque de tomber dans une caricature d'elle-même mais je fais confiance au créateur pour nous apporter un final digne de ce nom, en attendant les fouines vont devoir encore bosser un peu...

 

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 09:51

 

Cette série est totalement hors-norme, les scénaristes réactualisent le conte et nous proposent un univers étonnant. En effet il ne s'agit plus de produire du vraisemblable mais bien une narration fantaisiste, ce qui  paraît également à travers la réalisation, on pourrait voir apparaître à tout moment la maison de pain d'épice d'Hansel et Gretel, les décors sont surréalistes, les personnages sont caricaturaux et tellement touchants. Mais la première fois que je l'ai vu, je n'ai pas accroché, je ne pouvais pas car c'était trop inhabituel, trop coloré et décalé. Mais lorsque les épisodes ont été diffusés j'ai pensé, tiens  voici c'est cette drôle de série sur NRJ 12...et au fil des semaines je me suis attachée aux personnages, à leurs histoires.

Chuck et Ned, c'est vraiment surprenant, ça ne se fait plus à la télévision, une relation amoureuse aussi  pure et enfantine qui reste dans le cercle protecteur de l'idéal.

http://www.houstonsansprobleme.com/wp-content/uploads/2010/11/a-kiss.jpg

Les personnages  sont honnêtes, innocents,  ils ont gardé leur âme d'enfance. Cette fraîcheur, cette spontanéité est agréable, à contre-courant des autres productions. Les bonbons, les pâtisseries, les couleurs, cette drôle d'idée de pouvoir réveiller un mort en le touchant, ça ne vous rappelle pas la vision que vous aviez du monde étant enfant ? Le détective plus cartésien pourrait ramener à la réalité mais il n'est au final pas si différent des autres.

 

La tarte est omniprésente, ce symbole est fort et je pense que sa place centrale dans la vie de nos héros n'est pas un hasard. Elle devient en quelque sorte l'emblème de l'enfance, le moyen de lutter contre le monde adulte. Comme le narrateur le suggère souvent, Ned est serein quand il cuisine, il se sent en sécurité avec ses tartes. Or les figures parentales sont peu présentes dans la série, d'ailleurs les tantes de Chuck sont un peu inquiétantes et elles ne connaissent pas le secret de Ned, elles ne peuvent faire partie de sa vie alors cette tarte c'est un peu un substitut maternel. Quand un personnage pleure on lui propose de la tarte, un usage presque cathartique ! Si on voulait délirer encore à propos de cette merveilleuse tarte, on remarquait la proximité en anglais entre die et pie, la spécialité du pâtissier. Un vivant a besoin de manger, ainsi la tarte permettrait de lutter contre la mort, d'affirmer la vie. Et c'est ce que fait cette série, il ne s'agit pas véritablement de la mort mais plutôt de comment vivre avec elle. Chuck et Ned la connaissent bien, si bien qu'ils ne peuvent avoir une vie normale et malgré tout ils vivent, ils chantent et sont heureux, entiers.

"La mort, c'est mon parfum"

La série est hélas trop courte, ce ton drôle et décalé construit autour de la mort ne semble pas convenir aux audiences puisque Dead like me a elle aussi été annulée après deux saisons. Les accidents ou les meurtres tou plus farfelues les uns que les autres m'ont immédiatement fait penser à celles de Georgia et des autres...

Je terminerai par une petite citation de Gaston Bachelard : "Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton."

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 10:46

Serait-ce de mauvaise foi de justifier la procrastination par un certain nuage radioactif ? Je n'ai pas l'intention de vous ressortir un non-article comme celui-ci, une prétérition pour les adeptes et rassurez-vous, j'ai quelques idées en réserve (Pushing daisies pour les curieux) mais aujourd'hui ma motivation est faible. J'ai donc décidé de vous faire partager, si vous ne les connaissez pas encore deux courts-métrages qui m'ont marquée. J'avoue d'ailleurs mon énorme lacune dans le genre et vous invite à m'en faire découvrir davantage.

 

Bienvenue dans un univers décalé, poétique et très touchant, celui de Jérémy Clapin.

 

Une histoire vertébrale (2004)

Il est difficile de mieux résumer cette histoire que ne le fait le titre, devant ces images ma première réaction fut la surprise, en effet la vision de ce petit monsieur dont la colonne vertébrale est tordue prête à sourire mais pas un sourire moqueur... Ces personnages simples, évoluent dans deux univers opposés. Sauront-ils se rejoindre ?

 

Le personnage masculin a la tête tournée vers le sol, il ne peut pas entrer en communication avec son environnement, il ne vit donc qu'à travers l'art c'est-à-dire le cinéma...

 

Si le ton du premier court-métrage se veut léger, rappelant les histoires pour enfants, celui du second est bien plus grave. On passe donc d'un personnage dépressif mais amusant  devant lequel il est aisé de s'attendrir à un autre, bouleversant. Le thème principal est la schizophrénie, mais ce personnage littéralement "à côté de ses pompes" peut renvoyer à d'autres maladies mentales ou même à chacun d'entre nous, lorsqu'il n'est plus en phase avec le monde.

 

Skhizein (2008)

 

Les BO ont été composées par Nicolas Martin, "La météorite" refléte à merveille l'ambiance du film... Vous trouverez plus d'informations les concernant sur ce site consacré aux deux oeuvres :

La Pellicule Ensorcelée

 

EDIT : J'ajoute La Maison en petits cubes court-métrage japonais qu'un ami m'a fait découvrir, encore plus triste par les temps qui courent. C'est poétique, ça parle du souvenir, c'est écrit par Kenya Hirata et réalisé par Kunio Kato.

 


 

(3 prix : l'oscar du meilleur court en 2009, prix Hiroshima en 2008 et Cristal d'Annecy)

 

EDIT

 

Du 1er au 8 avril se déroulait le festival du cinéma européen à Lille mettant à l'honneur le court-métrage. Le premier prix a été remporté par Marek Skrobecki pour Danny Boy mais l'on s'intéressera à un petit coup de coeur : Cul de bouteille.

Cul de bouteille est très poétique, il me rappelle les court-métrages précédents. L'histoire d'un petit garçon, myope qui préfère voir le monde sans lunettes. Ainsi son univers lui semble plus rassurant, il peut laisser libre cours à son imagination et voit de petits êtres fantastiques. Un ressemble beaucoup à ET, un autre aux kodamas (d'après les légendes japonaises ce sont les esprits des arbres, on les retrouve nottamment dans Princess Mononoke de Miyazaki) La nuit son imagination est toujours autant active mais le rêve se transforme en cauchemar, des mantes religieuses apparaissent.

"Cachées derrière chaque chose, ces créatures n'attendaient qu'un regard pour exister."

 


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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:43

Bobby Donnel et Ally débutent une relation, ils discutent après un procès qu'ils ont mené ensemble...

 

-Ally ?

-Vous quittez l'Etat ?

-Quoi ?

-Non, rien c'est à peu près à ce moment là qu'ils ont fait leur passeport et que...peu importe !

 

Episode 23 saison 1

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:39

"Si tu te repasses le film de ton année et si ça ne te fait pas pleurer, si ça ne te rend ni triste ni gaie, c'est une année perdue."

John Cage

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:21

En plein procès, le juge à Ally

Mlle Mcbeal, je vais faire quelque chose que je n'ai jamais fait avant  et qui n'est même sûrement pas légal mais qu'importe. Je passe mon tour et je vous déclare juge.

Ally, stupéfaite

Quoi ?

Le juge

Vous êtes avocate et juge. Et je vous demande de statuer dans le meilleur intérêt de votre client.

Ally

Je, je ... Vous...Vous pouvez pas faire ça.

Le juge

Je viens de le faire.

Ally

Mais c'est illégale, si j'avais voulu être juge j'aurais été faire de la lèche au gouverneur ! Oh, je ne voulais pas dire ça.

Ally-pied.jpg

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 15:45

Les avocats découvrent une affaire...

Richard : Ils veulent faire quoi ?

Ally : Eh bien, le 1er est patron d'une boîte d'informatique et il a un coeur malade, le second est un concierge qui a un coeur d'athlète. Et et...

Billy : Il veut l'offrir au premier.

Ally : C'est ça et l'hôpital refuse de faire cette greffe et ils veulent une décision de justice.

Richard : Y a le mien, je ne m'en sers jamais !

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRyeiEH2HWN1sYJ-8XDeWVEu7MDxUThrWI5_ZUyXcoIlgcBIe93&t=1

 

Ally McBeal épisode 23 saison 1

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:01

Une petite critique pour dire combien j'aimais The Dead Zone. A une autre époque, qui n'est finalement pas si lointaine mais qui me fait l'effet d'un monde parallèle, c'était la série que je ne pouvais pas manquer. Grâce à son ambiance sombre, ses intrigues prenantes et son thème principal : le destin, le samedi soir renforçait son statut privilégié, bien connu de mes amis sériephiles, il s'agissait de mon instant, celui que je guettais impatiemment...

http://thedeadzone.blog.co.in/files/2008/12/the-dead-zone.jpg

Le plus remarquable était la capacité de la série à vous plonger dans son atmosphère.  Les couleurs étaient plutôt sombres, on évoluait souvent la nuit, sous la pluie, les premières visions étaient d'une très bonne qualité visuelle. En fait, le générique et la musique suffisaient à vous y immerger. Aujourd'hui, les rediffusions de Direct Star m'évoquent cette époque où j'éteignais la lumière et, entendant le lancement de la trilogie du samedi, cessait tout mouvement pour observer religieusement le générique et pénétrer le plus rapidement possible dans l'épisode. (on est sériephile ou on ne l'est pas !)

 

 

Johnny, c'était ce personnage aux deux identités, avant l'accident le gars sympa, très sociable prof de chimie, fiancé...une vie normale. Après c'était le gars marginal, medium qui devait accepter sa nouvelle vie, sans regretter le passé, un gars face à son destin son destin qu'il n'avait par définition pas choisi ! On retrouve un peu le même thème que dans Veronica Mars, cette dichotomie de l'être. Le personnage s'endurcit, devient plus froid, cynique, mais surtout lucide quant au monde, pour Johnny cela s'avèrera au sens propre puisque ses visions lui permettront de tout voir, tout savoir.

Et la rupture entre les deux parties de sa vie* est menée de façon brillante, d'une part on découvre dans un épisode spécial les circonstances de l'accident, d'autre part on comprend que  Johnny était prédisposé à ses visions, petit il avait eu un accident sur un lac gelé...(tout ceci étant la base du roman de Stephen King)

On a comme Sarah ou Johnny la sensation qu'une toute autre vie aurait pu être la leur. Cela induit une ambiance morose, toujours gênée entre les personnages. On ne se situe plus dans la normalité comme s'ils vivaient dans un monde parallèle à la réalité, un monde faux. D'ailleurs on a toujours du mal à y croire et les visions nous troublent souvent. Comment savoir ce qui est réel et ne l'est pas ? Ce qu'on pouvait trouver de façon ponctuelle dans d'autres séries ( dans Buffy par exemple où l'on retrouve la tueuse dans un asile psychiatrique avec ses parents qui lui expliquent qu'elle a déliré pendant plusieurs années, que bien sur les vampires n'existent pas ou également dans Smallville) est ici récurrent. Peut-être que la vie de Johnny n'est qu'un long rêve, qu'un matin l'odeur du café le réveillera, qu'il rejoindra Sarah dans la cuisine et retrouvera une vie normale, peut-être qu'il est toujours dans le coma et ne se réveillera jamais. Cette sensation d'être sur  une voie déviante de la vie est extrêmement intéressante pour la psychologie des personnages ainsi rendus touchants ou la série elle-même. Une série, qu'est-ce d'autre qu'une vision fictive du monde ?

John Smith, le nom choisi par Stephen King est lui-même révélateur, au premier abord il peut nous surprendre parce qu'il fixe à un homme extraordinaire l'identité d'un Monsieur tout le monde. Mais en fait,  c'est ce qu'est Johnny . Alors qu'une partie de son existence est détruite, ses visions le glissent  dans la peau des autres. John Smith c'est ce gars dépossédé de son identité, ce gars qui trouve un sens à sa vie dans celle des autres. Mais il refuse de se projeter dans l'avenir, jeter sa canne signifie rejeter ce destin prédéfini, il ne se voit pas comme un envoyé de Dieu, contrairement à ce que le révérend Purdy peut penser. Tout en ne pouvant pas avoir une vie normale, il refuse de la placer sous le signe de l'extraordinaire. On peut ainsi dire que Johnny  errant entre deux mondes n'est jamais vraiment sorti du coma, ces années de non-conscience à flotter entre la vie et la mort ont tout changé, jusqu'à son identité. Si enfant, il se démarquait déjà des autres, il avait encore le choix mais son existence est désormais façonnée par le poids du destin.

Il y aurait encore beaucoup à dire à propos de The Dead Zone, d'Armageddon, de Greg Stillson, de Sarah ou de Walt mais cher lecteur, ce sera pour une autre aventure. En attendant je vous laisse avec le premier générique de la série. (excellente chanson de Jeff Buckley : New Year's prayer)

 

*The Dead Zone est diffusée depuis le 16 juin 2002 aux Etats-Unis, environ un an après les attentats du World Trade Center. L'accent étant mis sur la rupture entre le passé et le présent, rupture qu'on vit au quotidien avec Johnny plus encore que dans le livre (également en raison du format feuilletonnant), on peut se demander si ce n'est pas l'écho du traumatisme américain... Il est évident que celui-ci a influencé le petit écran...
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 23:20

Black Swan, quelques pensées au fil du film comme je l'ai fait pour Pulp fiction.

D'excellent articles ont déjà été écrits à propos de lui, je n'ajouterai probablement rien de neuf mais voici tout azimut quelques remarques...

 

Attention cet article dévoile les intrigues du film.

 

Oui, cher lecteur en voyant ce film j'ai décidé de me lancer à l'arrache pour me protéger de tout perfectionnisme. (une expérience traumatisante comme vous pouvez le voir ! )

 

On vérifie encore cette fameuse petite théorie :  Tout est dit dès le début.

Pas d'introduction, on en sait peu sur Nina on rentre immedias res dans cet univers étrange, oppressant. Il s'agit bien d' un drame intime.

Premières images, on observe la majesté de la danseuse étoile, elle est éclairée par les projecteurs et semble plutôt sereine. On a découvert le premier personnage, j'ai nommé : White Swan.  Il se meut harmonieusement sur la scène mais une ombre s'approche, inquiétante pour le pervertir, le renverser en ange noir. Nous avons fait connaissance avec le deuxième personnage, j'ai nommé : Black Swan. Tout cela après 1:30. Record explosé, c'est un chef d'œuvre* ! CQFD, la critique est terminée. Je vous avais bien dit que je la ferai à l'arrache !

 

Ne vous inquiétez pas, non je ne vais pas vous abandonner maintenant ! On continue donc : à la cinquième minute environ apparaît la figure de l'autre, le double,  le verso. Il est révélé par des jeux de miroir ou par des reflets sur les vitres. Chaque personnage clé est vu au moins une fois à travers cette représentation. Est-elle fiable ? Telle est la question car un miroir, ça déforme, une caméra, ça ment.  On aperçoit également le portrait d'une  danseuse, toujours dans le thème de la représentation de soi et de l'autre. (extrême cohérence quand on connaît le déroulement du film)

http://cinechange.com/wp-content/uploads//2011/02/Black-Swan-Natalie.jpg

Nina marche, on la suit en caméra subjective telle une ombre sur ses pas qui cherche à la rattraper.

La dualité de l'être apparaît avant les auditions "laquelle d'entre vous pourra incarner les deux cygnes, le noir et le blanc" ?

Dans la salle de maquillage en volant le rouge à lèvre elle s'imagine déjà dans la peau de l'élue,  les cercles de la perfection l'attirent déjà,  elle les touche et n'en a jamais été si proche. Alors quand sa prestation n'est pas appréciée ("Attaque, attaque, attaque !") parce qu'elle n'est pas suffisamment dans la séduction, dans la passion pour faire un black swan, elle se sent perdue.  Le monde tournoie autour d'elle, elle n'a plus aucun repère et l'autre, plus précisément l'agresseur s'introduit dans la salle , il s'agit de Lily qui a les faveurs du maître suprême, du professeur  à l'aura percutante. Nina perd l'équilibre.

Cette quête de la perfection peut vous détruire, elle vous emprisonne et vous coupe du monde extérieur, vous n'appartenez plus qu'à votre quête. Après l'audition, mal à l'aise elle se retrouve seule aux toilettes et rentre chez elle, avec toujours cette caméra subjective qui la suit, qui pèse sur elle comme l'ombre du fatum malfaisant. Brièvement elle voit son propre visage à la place de celui d'une passante. Elle se perd elle-même, son âme se dédouble dans les profondeurs de la ville. (le trajet, le chemin du retour symbolise de façon courante le voyage de la vie, ici il se fait en métro, ce n'est pas anodin)

Le passé de Nina c'est le white swan avec  sa chambre d'enfant, sa boîte à musique. Pour s'en départir elle met du rouge à lèvre mais il ne suffit pas de maquillage pour se transformer en sombre animal. Cette mutation est possible car on a tous une part d'ombre en nous, ces profondeurs peuvent être fascinantes mais Nina n'a pas idée de ce qu'elle peut perdre en s'y engageant, toutefois elle le pressent et le craint sans pouvoir dévier son trajet.

"perfection","transcendance" Ces mots martèlent notre esprit, cette quête obsède Nina.

La passion amoureuse ou ici la tension sexuelle peuvent faire surgir cette force intérieure que Nina a en elle "You bite me" dit Thomas, surpris.

"Cette force maléfique te contrôle sans que tu puisses y échapper. " indique une chorégraphe. Elle devra se métamorphoser pour le rôle,  cet art qui se veut si passionné marquera son existence, sa chair.  On le découvre avec sa mystérieuse blessure dans le dos. (le miroir, les tableaux, la blessure...ça me fait beaucoup penser à l'histoire de Dorian Gray)

La mère omniprésente (La relation est assez malsaine entre les deux personnages) semble veiller sur sa fille comme un ange gardien, la figure maternelle ramène à l'enfance, elle veut garder son white swan et redoute l'apparition pourtant inévitable du black swan.

A l'hôpital, la première vision de la blessée se fait par son reflet sur la porte. Ce thème est décidément omniprésent, à croire que le film est un vaste kaléidoscope où se reflètent les âmes dédoublées des danseurs. Or l'art c'est du reflet, de la représentation du réel plus ou moins fidèle, on peut se demander si l'image peut incarner l'essence. En l'occurrence la réalisation n'est pas réaliste et transparente, elle déforme les plans elle pèse sur les personnages, oppresse le spectateur. Cette forme d'art, quasi surréaliste prend la forme d'une âme torturée.

La déformation du corps, cette chair marquée profondément bouleverse Nina parce qu'elle y voit son propre avenir. Sa peau est elle-même marquée. Et pourtant c'est inéluctable, elle a son destin en face d'elle.

On trouve de façon croissante un mélange de peur et d'attraction. Comme le montre la répétition de la formule "Let it go" elle devra dépasser cette peur pour devenir le Black Swann.

Dans le bar Nina dit à propos de l'histoire "That's not happy. That's beautiful actually." C'est l'histoire du Lac des Cygnes, c'est l'histoire de Nina, c'est l'histoire du film.

 Elle vomit pour rejeter ce qu'elle trouve monstrueux en elle. Quand Lily est surprise des effets de l'ecstasy Nina se sent étrangère au monde,  seule. Ensuite dans sa chambre, elle met la boîte à musique pour se rappeler qui elle était avant le rôle de Blak Swann. Elle espère sans trop y croire qu'ainsi tout redeviendra normal mais en vain, elle jette alors toutes ses peluches. Cette jeune femme qui n'était jamais vraiment devenue adulte décide de tuer cette partie d'elle, celle de l'enfance. On peut rapprocher ce thème de celui de l'adolescence qui constitue d'une certaine façon le meurtre d'une partie de soi, l'acceptation de son corps et de ses pulsions.

Nina apparaît ensuite plus déterminée, plus sûre d'elle.

Enfin, vient l'apogée du Lac des cygnes, l'air magistral de Tchaïkovski.  Cet air m'avait déjà envoutée avec Billy Elliott, c'est grandiose.

Le passage du saut : c'est l'irrémédiable (cf un poème de Baudelaire qui semble bien convenir au film*) , elle ne peut plus revenir en arrière, elle se sent effrayée, mais elle fait son choix et saute.

La folie se précise après cet instant fatidique, elle se regarde dans le miroir et voit son double faire d'autres mouvements qu'elle, elle se gratte le dos.

Elle rend ce qu'elle a volé parce qu'elle comprend l'enfer que cette vie peut représenter mais ce qui est perdu ne reviendra jamais vraiment.

Après 80 minutes le film se comporte comme un thriller sauf qu'ici l'ennemi c'est Nina elle-même, cette terrible menace qu'elle fuit est avant tout psychologique.

La folie prend deux aspects, d'une part Nina ne fait plus la différence entre la réalité et ses hallucinations, ce que le spectateur peine aussi à faire, de l'autre elle ne fait plus la distinction entre le Moi et l'Autre.

Et ce mal qui la ronge lui permettra d'atteindre la perfection pour cela elle sacrifiera sa vie ce qui semble en être l'inévitable prix. Contrairement à la danseuse en retraite, pitoyable, les derniers pas de Nina seront ceux de la perfection.

Quand elle croît se battre contre Lily, elle se bat en réalité contre elle-même, cela suggère que le plus beau des actes est en fait issu d'un combat intérieur. Cette guerre cruelle produira du Beau, du Beau qui dépassera les notions de Bien et de Mal.

http://2.bp.blogspot.com/_g0OLvBgXais/TFT3owbQuKI/AAAAAAAAACE/t-vXyRjUKGQ/s1600/black-swan-0.jpg

Il n'y a que la souffrance face à la mort qui permettra à Nina la transcendance. Thomas avait employé le terme au début du film or la transcendance c'est bien aller au delà de la vie. (en latin transcendere signifie franchir, surpasser)

 

* "L'irrémédiable" de Charles BAUDELAIRE

(extrait des Fleurs du Mal)

Une Idée, une Forme, un Etre
Parti de l'azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul oeil du Ciel ne pénètre;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu'a tenté l'amour du difforme,
Au fond d'un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres!
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres;

Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d'un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d'un gouffre dont l'odeur
Trahit l'humide profondeur
D'éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu'eux;

Un navire pris dans le pôle
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle;

- Emblèmes nets, tableau parfait
D'une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu'il fait!

Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un coeur devenu son miroir!
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
- La conscience dans le Mal !

 

 

* Si ce film est intéressant, je ne pense pas toutefois qu'il comptera parmi mes préférés. Pour en être sûr il suffit d'attendre quelques mois et de constater ce qu'il en reste dans mon esprit !

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Published by Le veilleur - dans Cinéma
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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 22:28

 

                Betaseries, vous savez c'est ce site que des collègues sériephiles m'ont fait découvrir, où l'ont peut recenser toutes les séries déjà vues, par épisode. On peut s'y créer un planning, cela permet de ne pas se perdre à travers la multitude de programmes que l'on suit, en sachant précisément où l'on en est. L'autre intérêt, c'est que ces amis blogueurs peuvent savoir en un clic ce que vous avez regardé...ou pas !

                Toutefois, ce système me repousse parce qu'il semble trop "industriel", avoir une liste et un planning ce n'est pas un fonctionnement très spontané, d'autant plus que cela signifie créer des statistiques, bref quantifier des années de sériephilie, ramener une passion à un plan purement matériel. Cela semble d'ailleurs suivre l'évolution d'une société qui s'aseptise en sacrifiant le charme de l'inattendu ou de l'inexpliqué. Mais peut-être que je vais m'y inscrire, ce serait pratique pour mes récentes découvertes. Elles sont nombreuses et j'ai prévu d'évoluer lentement avec elles, selon mes humeurs (mais sûrement). Tout dépend de l'usage qu'on fait de betaseries même si parfois, un outil formel a le pouvoir de modifier la démarche elle-même, je pense donc tenter l'aventure en pensant le site comme un "mur des séries".

Séries annulées-champ d'honneur

            J'espère que ça n'influencera pas ma façon de regarder les shows et que ça ne restera qu'un outil parmi d'autres. D'ailleurs, j'avais avant d'entrer sur Twitter quelques préjugés (certains vérifiés) mais mon impression générale est désormais bien différente (ce que de nombreux articles expliquent par exemple celui-ci ou celui-ci ) Je ne veux pas devenir une usine à regarder, une sérievore en quelque sorte, ce  qui m'inscrirait définitivement dans un réflexe quasi boulimique de consommation. Ainsi, j'espère rester sériephile et trouver un juste équilibre entre cette passion, le cinéma et la littérature bien sûr. (d'ailleurs je ne lis plus assez je devrais être comme le dit une de mes professeures un "aspirateur à livres" , concilier ces trois passions s'avère assez délicat, toutefois elles me semblent véritablement complémentaires et j'aime jongler avec les genres). J'hésite encore un peu, faut-il rester inflexible par rapport à ses principes ou se laisser porter par certaines modes sociétales ? Je crois, mais l'expérience le vérifiera qu'il est possible en matière de communication de faire des choix, des choix qui nous correspondent et de trouver ainsi de plaisants compromis.

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